Etats de conscience modifiée

La transe : c’est un état de conscience altérée qui permet à l’individu de communiquer avec le monde surnaturel. La transe correspond à un état de mort spirituelle qui donne accès à la rencontre avec les esprits. Mais après chaque mort, le chamane renaît.

Pendant la transe, soit l’âme quitte le corps et s’envole, soit les esprits descendent occuper le corps du chamane.

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Elle se déclenche par une hyper stimulation sensorielle provoquée par la musique, les rythmes, la danse. Les transes sont souvent pénibles, et nombre de chamanes s’en passeraient s’ils ne croyaient pas en leur efficacité.

Chez certains peuples d’Amazonie, lors de la transe, le chamane entre en contact avec l’esprit jaguar et devient lui-même jaguar, agissant comme tel.

Pour les aborigènes d’Australie, le rêve et la transe sont les deux moyens privilégiés d’entrer en contact avec le Temps du rêve.

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Les techniques utilisées à travers le monde pour provoquer la transe sont de plusieurs sortes :

 

La musique , les chants et les danses appellent les esprits. Ils sont très souvent suffisants à la provoquer. Certains chants produisent des sons bénéfiques qui provoquent des états de conscience particuliers chez les humains. Souvent leur pouvoir est autant dans l’effet musical que dans le sens des mots.

Chez les Bushmen, où la moitié des hommes sont chamanes, les cérémonies de guérison regroupent toute la communauté, les femmes ayant pour tâche de chanter et frapper des mains pour accompagner les hommes-médecine tout au long de leur transe.

Dans certains groupes inuits on pratique des incantations dans un langage particulier composé de racines archaïques (F. Boas)

Chez les Indiens Warao au Vénézuela, la transe chamanique correspond à un état de profonde méditation atteint grâce à la musique et aux chants. A travers eux, le chamane devient l’esprit qu’il invoque.

Pour les vegetalistas , lors des cérémonies thérapeutiques les chants accompagnent le voyage du patient que le chamane balise, et protège.

En Sibérie, les chants des Chukchee qui peuvent durer des heures, réclament plusieurs années d’entraînement avant que la voix du chamane ait l’envergure nécessaire.

Les chants sont de deux ordres :

  • les chants appris lors de l’initiation : ils ont été enseignés par les esprits , les ancêtres ou d’autres chamanes.
  • les chants improvisés qui sont l’expression de la voix des esprits auxiliaires ou du monde invisible ; ils transmettent alors le dialogue entre le monde invisible et le chamane. Cela peut être compréhensible ou non, grave ou aigu, fort ou murmuré, humain, animal…

La danse prépare aux cérémonies, à la transe. Elle peut être exécutée par le seul chamane ou par le groupe. Les danses peuvent être variées en fonction de leur signification et des esprits qu’elles sollicitent.

Les plantes hallucinogènes sont utilisées dans certaines régions pour accéder à des états de conscience modifiée, favoriser des visions (aussi auditives) qui doivent aider à la guérison ou dans un rôle d’oracle. Elles aident à entrer en contact avec les forces qui « connaissent ».

Ces plantes ont leur mère-esprit qui enseignent au chamane pouvoirs et connaissances. Elles sont perçues comme des maîtres.

En Amérique du sud, ces plantes ont des maîtres-esprits : l’ayahuasca par exemple, est considérée en Amazonie comme une divinité mère, à la fois douce, protectrice, enseignante ; elle possède une intelligence propre qui libère l’homme de son mental, développe ses visions, et exacerbe ses sens.

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En Sibérie, certains peuplent consomment des amanites tue-mouche pour entrer en transe.

Des études scientifiques ont montré qu’elle agit plus particulièrement sur le cerveau droit, ne provoque pas de phénomène d’accoutumance ni de tendance dépressive a posteriori.

La réduction des stimulations externes ou des activités motrices : cela peut se faire par la réclusion, l’isolement, le jeûne, la privation de sommeil. Ces techniques entraînent l’affaiblissement du corps, la modification des perceptions qui mènent à l’extase.

Elle sont souvent liées à des pratiques de purification du corps et de l’âme avant d’être le réceptacle des entités invisibles (hutte de sudation, ablutions, corps parfumé avec des herbes, purgatifs…), ou bien d’abandon du corps qui reste comme une coquille vide pendant que l’âme voyage.

En Australie, les chamanes aborigènes disent acquérir leur pouvoir par la méditation, la concentration, l’observation, la réceptivité.

Ils mettent l’accent sur l’autodiscipline, et se préparent à des rapports avec des entités puissantes.

Au Japon, des pratiques chamaniques de soin et de bannissement d’esprits maléfiques s’enracinent dans une démarche ascétique avec jeûne, récitation de textes sacrés, position immobile dans des endroits naturels (cascade..) afin de voyager vers le monde invisible à travers des visions extatiques.

En Amazonie colombienne, le chamane tucano, transmet et interprète ce qui lui dit l’esprit, sans jamais perdre le contrôle de lui-même ni être possédé.

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