L’initiation

La plupart du temps, il s’agit d’une mise à mort de l’initié par les esprits qui l’ont choisi, d’une « petite mort », suivie d’une renaissance. Par cette expérience, le chamane explore, enrichit, transmute sa personnalité, il apprend à se connaître en profondeur, il découvre ses esprits auxiliaires et rencontre les esprits hostiles. Il fait connaissance avec le monde invisible où il devra se déplacer et agir, et s’initie à la véritable nature des choses.

En Amérique du sud, en Asie, le corps est démantelé par les esprits, et il ne reste que le squelette. En Sibérie, chaque os est détaché puis remis en place.

L’initiation proprement dite est variable en fonction des peuples.

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Pourtant, dans tous les cas, ces initiations sont indissociables d’un réel travail sur soi : un vrai chamane doit approfondir sa connaissance de lui-même, mais aussi se clarifier, se purifier, s’élever, au sens spirituel du terme, acquérir une authentique sagesse et affiner sa clairvoyance.

C’est aussi au cours de l’initiation qu’il sera amené à rencontrer ses esprits auxiliaires, mais aussi ses adversaires surnaturels.

Chez les indiens d’Amérique du nord, le jeune chamane (homme-médecine) n’est accompagné que dans un premier temps par un chamane plus confirmé ; en effet, le savoir essentiel est transmis directement par le monde invisible à travers les rêves ou les visions. Il cherchera à connaître son esprit-gardien qui sera charger de l’aider et de le protéger sa vie durant.

En Amérique du sud, par contre, pour les vegetalistas (chamanes utilisant des plantes hallucinogènes), le suivi et l’apprentissage initiatique sont beaucoup plus longs, en raison de

l’utilisation de ces substances qu’il faut manipuler avec précaution, et des nombreuses plantes médicinales qu’il faut connaître; l’aîné protège et instruit le novice pendant des années.

En Guyanne française, les apprentis chamanes jeûnaient jusqu’à l’évanouissement, se faisant piquer par de grosses fourmis noires, ce qui provoquait une douleur extrême pendant des semaines. Ceux qui survivaient à une telle dose de venin revenaient fortifiés de l’épreuve.

Dans certaines ethnies d’Amazonie, l’apprenti chamane, dirigé par son maître, boit de grandes quantités de jus de tabac, chante les chants des esprits, et « meurt », c’est-à-dire que son âme part. Elle sera ramenée par son maître et il sera alors considéré comme chamane.

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Ces voyages sont accompagnés le plus souvent par un oiseau qui sera son guide et son instructeur.

Pour les Tougouses, l’apprentissage du tambour et des chants demande plusieurs années.

Les jeunes chamanes chukchee (Sibérie) passent par une période de doute, d’errance qui peut durer des années et pendant laquelle ils se détachent de la vie normale, s’isolent, arpentent la toundra, « se chargent en pouvoir chamanique », jusqu’à « l’inspiration ». Il n’existe pas de passation de pouvoir ; chaque chamane apprend seul.

Chez les Inuits, la formation est solitaire et douloureuse : expérience de la faim, du froid, de la fatigue, « car la véritable sagesse ne peut être trouvée que loin des gens. La solitude et la souffrance ouvrent l’esprit humain ».

Des années sont nécessaires aux aborigènes d’Australie pour la maîtrise des chants et des récits qui permettront la communication avec le Temps du Rêve.

Enfin, l’initiation donne une part centrale à la rencontre et la connaissance des alliés du chamane.

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