Lexique (1)

Ce lexique comprend une description générale, principalement botanique, de 97 plantes comportant des principes actifs hallucinogènes ou psychotropes.

J'ai essentiellement pris en considération les végétaux dont les effets psychotropes sont établis par la littérature, les expériences de terrain ou les résultats de recherces scientifiques. Il est également fait mention de certaines espèces qui ont la réputation d'être "narcotiques" ou "enivrantes".

Les plantes sont traitées par ordre alphabétique d'après leur nom de genre latin. Cette présentation s'est imposée, étant donné la grande diversité des noms vernaculaires.

Cette partie du site ayant été écrit pour des non-spécialistes, les descriptions botaniques sont délibérément courtes et insistent sur les caractéristiques les plus évidentes de la plante.

Là où la mise en page me l'a permis, j'ai donné un surcroît d'informatins historique, ethnologies, phytochimique et plus rareemnt pharmaceutique, essayant de présenter un point de vue interdisciplinaire aussi vaste que possible.

Certaines illustrations ont été réalisées à l'aquarelle à partir de spécimens vivants ou provenant d'herbiers; la pluspart des plantes sont présentées sur des photos en couleurs. Un certain nombre d'entre elles sont illustréés ici pour la première fois.

Le but de ce lexique est évident : il devrait aider le lecteur à s'y retrouver dans un nombre de faits et d'informations assez complexes, et qui ne représentent d'ailleurs qu'une petite partie de ce que nous savons sur ces plantes considérées par tant de groupes humains dans le monde entier comme des "plantes des dieux".

1-13.jpg Un Indien d'Amérique latine récolte une "plante des dieux", la stramoine sanguine (Brugmansia sanguinea) riche en alcaloïdes. Dans les Andes, cela fait des siècles ou même des millénaires qu'on la cultive pour ses principes psychotropes. Les indiens mettent en garde quiconque l'utiliserait sans réflechir car elle peut provoquer des hallucinations fortes et des délires. Sels les chamans expérimentés sauraaient tirer profit de "l'esprit de la plante" pour des divinations ou des guérisons. La plante châtie durement quiconque lui manque de respect.

 

ACACIA Mill.

Acacia maidenii F. von Muell.

Acacia de maiden

Légumineuses - Australie

Le genre Acacia, qui se trouve dans les régions tropicales et subtropicales du globe, présente généralement des arbres de taille moyenne à feuilles pennées, plus rarement lisses, à glomérules floraux fasciculés et à fruits en forme de gousses.

Certains acacias servent de complément traditionnel à des produits psychotropes (bétel, nière, pituri, pulque). Plusieurs espèces conviennent à la fabricatin de substances analogues à l'Ayahuasca. De nombreuses espèces australiennes (A. maidenii, A. phlebophylla, A. simplicifolia) contiennet d'importantes concentrations de DMT dans l'écorce et les feuilles.

Acacia maidenii, bel arbre droit à l'éclat argenté, contient diverses tryptamines. L'écorce contient 0,36 € de DMT. Les feuilles livrent la DMT nécessaire à la fabrication d'analogues à l'ayahuasca. Cet acacia se cultive bien dans les régions tempérées, par exemple en Californie ou en Europe méridionnale.

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De nombreux acacias sont utilisés ethnomédicalement. L'usage psychotrope de l'acacia, qui contient de la DMT, est récent et surtout développé en Australie et en Californie.

Les aborigènes australiens ajoutaient de la résine d'acacia au pituri. Aujourd'hui, diverses espèces servent à fabriquer des analogues de l'ayahusasca grâce à leur teneur en DMT hallucinogène.

Des extraits d'écorce et de feuilles d'A. maiderii, de l'écorce du tronc d'A. simplicifolia ou des feuilles d'A. phiebophylla sont ajoutés aux graines de Peganum harmala et ingérés.

De nombreux acacias contiennent la substance psychotrope DMT : 0,36 % dans l'écorce d'A. maidenii, environ 0,3 % dans les feuilles d'A. phlebophylla. L'écorce du tronc d'A. simplicifolia contient 3,6 % d'alcaloïdes, dont environ un tiers de DMT.

 

ACORUS L.

Acorus calamus L.

Acore odorant

Aracées – Régions chaudes et tempérées des deux hémisphères

D'après quelques vagues indices, il se pourrait que les Cree, Indiens du nord-ouest du Canada chiquent le rhizome de l'acore odorant pour ses effets psychotropes.

Cette plante semi-aquatique possède un long rhizome tortueux aromatique. Ses longues feuilles lancécolées peuvent atteindre jusqu'à 2 m. Ses fleurs, minuscules, sont portées sur un spadice vert-jaune. La tige souterraine, le rhizome, contient une juile essentielle à laquelle on doit les propriétés curatives de la plante.

Il est probable que les principes actifs soient l'asarone α et l'asarone β, dont la structure est proche de celle de la mescaline, un alcaloïde psychotrope. Cependant, l'asarone est absente des plantes utilisées par les Indiens.

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Utilisée ches les Cree, Indiens du Nord-Ouest canadien, c'est un remède anti-fatique, également utilisé en cas de maux de tête ou de dents et d'asthme. L'ivresse hallucinogène n'est pas démontrée. Ce rhizome est mâché.

Contient de l'α-asarone et de la β-asarone. Une forte dose peut provoquer des hallucinations visuelles et des effets semblables à ceux du LSD.

 

AMANITA L.

Amanita muscaria (L. ex Fr.)

Amanite tue-mouches

Amanitacées

Europe, Afrique, Asie, Amérique

L'Amanita muscaria est un joli champignon qui pousse généralement sous les bouleaux jeunes, les pins et les pins pignon. Il peut atteindre 20 à 23 cm de haut. Son chapeau hémisphérique devient presque plat à maturité et mesure alors entre 8 et 20 cm de diamètre. Il existe trois variétés d'amanite tue-mouches : la première a un chapeau rouge sang aux verrues blanches et pousse en Europe et dans le nord-ouest de l'Amérique du Nord, la deuxième, avec son chapeau jaune ou orangé et ses verrues jaunâtres, pousse à l'ouest et au centre de l'Amérique du Nord, la troisième, entièrement blanche, pousse dans l'Idaho (USA).

Le pied cylindrique, renflé à la base, est blanc et épais de 1 à 3 cm. Son anneau blanc jaunâtre est bien visible. Ce champignon, sans doute le plus ancien hallucinogène de l'histoire de l'humanité, a été assimilé au soma de l'Inde ancienne.

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Chez les peuples finno-ougriens en Sibérie de l'est et de l'ouest et plusieurs groupes de peuples athabacans d'Amérique du Nord, l'A. muscaria est probablement indentique au soma de l'Inde ancienne, drogue mystérieuse consommée par les Aryens il y a 3.500 ans.

En étudiant les analogues de l'ayahuasca, on a découvert un taxon riche en DMT, qui peut-être utilisé pour ses effets psychotropes.

Un extrait des feuilles, combiné avec le Peganum harmala, a des effets hallucinogènes et peut être bu comme analogue de l'ayahuasca.

Contient de nombreux alacloïdes indoliques, surtout la N, N-DMT, la MeO-5 DMT et un peu de très toxique. MeO-5 DMT et DMT sont psychédéliques.

 

ANADENANTHERA Speg.

Anadenanthera colubrina (Vellozo) Brennan

Cebil, Vilca

Légumineuses – Nord-ouest de l'Argentine

Cet arbre haut de 3 à 18 m seulement possède une écorce presque noire, souvent pourvue d'épines coniques ou de nœuds. Les feuilles finement loculées peuvent atteindre 30 cm de long. Les fleurs sphériques sont d'un blanc jaunâtre. Les cosses marron foncé sont coriaces et peuvent atteindre 35 cm de long. Elles contiennent des graines très plates, rondes ou carrées, de 1 à 2 cm de large et d'un marron roux. L'arbre se distingue à peine de l'Anadenanthera peregrina, de la même famille.

Les graines sont utilisées rituellement comme hallucinogène depuis environ 4500 ans par des Indiens des Andes méridionales. Elles sont transformées en poudre à priser, fumées ou ajoutées à la bière. C'est le chamanisme qui les utilise essentiellement.

Les graines (cebil ou vilca) contiennent des tryptamines, notamment de la bufoténine.

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Il est probable que les Indiens d'Argentine et du sud du Pérou aient consommé A. colubrina avant la colonisation, l'appelant respectivement vilca (huilca) et cebil.

A. peregrina est utilisé de nos par les tribus du bassino de l'Orénoque et s'appelle yopo. Signalé pour la première fois en 1946, il n'est plus utilisé aux Antilles.

Fumé comme hallucinogène par les Indiens du nord de l'Argentine.

Une poudre à priser est fabriquée à partir des graines humidifiées, réduites en pâte et séchées sur un feu. Broyées, elles donnent une poudre gris vert qui est mélangée à des cendres végétales alcalines ou des coquilles d'escargot écrasées.

Contient des dérivés de tryptamine et des β-carbolines. Frémissements des muscles, légères convulsions et manque de coordination musculaire suivis de nausées, d'hallucinations visuelles et d'un sommeil agité. Macropsie.

 

ANADENANTHERA Speg.

Anadenanthera peregrina (L.)

Yopo

Légumineuses – Régions tropicales de l'Amérique du Sud, Antilles

L'Anadenanthera peregrina est un arbre ressemblant au mimosa, qui pousse principalement dans les steppes. Il peut atteindre 20 m de haut avec un tronc de 60 cm de diamètre. Son écorce noirâtre est couverte d'épines coniques acérées. Les feuilles composées ont entre quinze et vingt paires de petites folioles velues. Les minuscules fleurs blanches sont groupées en sphères et composent de petits bouquets axillaires ou terminaux. Les cosses ligneuses contiennet 3 à 10 minces graines rondes et plates d'un noir brillant. Dans le bassin de l'Orénoque, la plante sert à fabriquer une poudre à priser fortement hallucinogène, connue sous le nom de yopo. Cette drogue, dont il existe plusieurs modes de fabrication, était jadis même connue aux Antilles sous le nom de cohoba. On en signalait déjà l'usage rituel chamanique en 1496. Il a malheureusement disparu avec l'exterminaton des autochntones.

Cet arbre poussant en lisière des grandes forêts de Guyane est encore utlisé par diverses tribus, surtout par les Yanomami et les Waika, pour la fabrication d'epena. La poudre à priser est obtenue à partir des graines auxquelles sont ajoutées d'autres substances et des cendres végétales. Les graines contiennent surtout de la N, N-diméthyl-tryptamine (DLT), MeO-5DMT et d'autres tryptamines.

Les chamans des peuples de la région de l'Orénoque (par exemple les Piarca) cultivent cet arbre qui ne pousse pas chez eux, s'assurant ainsi leur stock de poudre à priser.

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ARGYREIA Lour.

Argyreia nervosa

(Burman f.) Bojer

Argentaire

Convolvulacées - Indes, Asie du Sud-Est, Hawaï

Cette plante grimpante pérenne au port vigoureux, pouvant atteindre 10 m de haut contient dans ses cellules un jus laiteux semblable au latex. Les feuilles opposées, pétiolées, cordiformes, pouvant atteindre 27 cm de long sont velues sur le dos et argentées. Les fleurs infondibuliformes de couleur violette ou lavande sont placées en cymes. Leurs sépales sont couverts d'un duvet. Les fruits arrondis ressemblent à des baies et contiennent des graines lisses de couleur marron. Une capsule séminale renferme 1 à 4 grains. La plante est originaire d'Inde où elle est utilisée médicalement depuis longtemps. Un usage traditionnel comme enthéogène n'a pas encore été découvert. Le puissant effet psychédélique de l'Argyreia nervosa a été constaté grâce à la recherche phytochimique.

Les graines contiennent 0,3 % d'alacloïdes de l'ergot (ergoline, iso-lysergamise).

Pour la plupart des psychonautres, l'effet produit par 4 à 8 graines est tout à fait comparable à celui du LSD.

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En Inde, l'argentaire est utilisé depuis longtemps à des fins médicales. Un usage traditionnel comme hallucinogène n'a pas été découvert à ce jour.

Ivresse chamanique; importance lors de cérémonies religieuses et thérapeutiques.

Un ou plusieurs champignons sont consommés après avoir été séchés au soleil ou grillés au‑dessus d'un feu. Un extrait peut être bu mélangé à de l'eau, du lait de renne, ou du jus de Vaccinium oligionosum ou Epilobium angustifolium. En Sibérie, l'urine de personnes intoxiquées peut être bue rituellement.

Contient de l'acide iboténique, du muscimol et de la muscazone. Provoque des visions colorées, de la macropsie, parfois une ferveur religieuse et un sommeil profond.

 

ARIOCARPUS Scheidw.

Ariocarpus retusus Scheidw.

Ariocarpe tronconique

Cactées – Mexique, Texas

Ces petits cactus de 10 à 15 cm de diamètre peuvent être gris-vert, gris rougeâtre ou brunâtres. Souvent appelés "pierres vivantes", ils se confondent avec ces dernières dans les déerts caillouteux qu'ils affectionnent. Leurs petites excroissances charnues ou cornées, à trois pointes, sont caractéristiques du genre. Les aréoles sont souvent garnies d'épaisses touffes de poils. Les fleurs peuvent être blanches, roses ou pourpres.

Les Indiens du centre et du nord du Mexique considèrent l'A.fiscuratus et l'A.retusus comme des "faux peyotl". Ces cactus, proches des Lophophora, sont caractéristiques des plantes du désert, poussant de préférence en plein soleil, sur le sable ou les rochers. On a isolé plusieurs types d'alcaloïdes phényléthylaminés psychotropes à partir d'A.fissuratus et d'A.retusus.

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Chez les Huichol du Mexique. D'après les Tarahumaras du nord et du centre du Mexique, l'A. fissuratus est plus puissant que le peyotl (Lophophora).

Les Tarahumaras utilisent ce cactus pour ses pouvoirs magiques, pensant qu'il empêche les vols en appelant les hommes armés à la rescousse. Pour les Huichol, l'Ariocarpus est une plante maligne. Ils sont persuadés qu'elle peut provoquer une folie permanente.

Est consommé frais ou écrasé et délayé dans de l'eau.

Contient divers alcaloïdes de type phénéthylamine.

 

ATROPA L.

Atropa belladonna L.

Belladone ou Belle Dame

Solanacées – Europe, Afrique du Nord, Asie

Cette plante vivace très ramifiée, haute de 90 cm peut être glabre ou velue. Les fleurs solitaires marron-rouge donnent naissance à des baies noires et brillantes, de 3 à 4 cm de diamètre. Toute la plante est riche en alcaloïdes. On la trouve dans les bois et les fourrés, sur des sols calcaires.

Il est probable que la belladone fut un ingrédient important des boissons de sorcières durant l'Antiquité. On connaît toute une série de rapports historiques pralant de cas d'empoisonnements accidentels ou volontaires à partir de cette plante. Elle joua un rôle en 1035, lors de la gurerre des Ecossais, sous Duncan 1er, contre le roi norvégien Sven Canute. Les Ecossais détruisirent l'armée scandinave en lui faisant parvenir des mets et de la bière empoisonnés à la belladone.

Sa principale substance psychotrope est l'atropine mais on y rouve aussi, en moindre quantité, de la scopolamine et des traces d'autres alcaloïdes de type tropanol. L'ensemble du contenu d'alcaloïdes représente 0,4 % dans les feuilles, 0,5 % dans les racines et 0,8 % dans les graines.

Il existe une variété plus rare de belladone, var. lutea, dont les fleurs sont jaunes et d'autres variétés, moins connues. La belladone d'Inde (Atropa acuminata Royle et Lindl.) est cultivée pour des raisons pharmaceutiques grâce à son taux élevé de scopolamine. En Asie on trouve en outre la belladone caucasienne (Atropa caucasica Kreyer) et turkmène (Atropa kormarvii Blin. et Shal). De nos jours, la belladone est toujours cultivée pour l'utilisation pharmacologique de l'atropine.

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En Europe et Proche-Orient, la belladone était un ingrédient important des boissons des sorcières du Moyen Age. Elle a joué un rôle primordial dans la mythologie de la plupart des peuples européens.

Ingrédient de boissons de sorcières lors de sabbats. De nos jours, la belladone est la base de nombreux médicaments.

Toute la plante contient des actifs psychotropes. Contient des alcaloïdes hallucinogènes. Le principal composant psychotrope est la hyoscyamine, mais on trouve aussi de la scopolamine et des traces d'autres alaloïdes de type tropanol.

 

BANISTERIOPSIS

C.B. Robinson et Small

Banisteriopsis caapi (Spruce ex Griseb.),

Quaparier des galibis, Liane Ayahusasca

Malpighiacées – Régions tropicales au nord de l'Amérique du Sud, Antilles

Ces lianes gérantes de la forêt vierge sont l'ingrédient principal d'une importante boisson hallucinogène, l'ayahuasca, consommée lors de rites dans l'ouest de la vallée de l'Amazone et par des tribus isolées du versant Pacifique de la Colombie et de l'Equateur. La décoction d'écorce de B. caapi et de B. inebrians, faite à l'eau froide ou par longue ébulliton, peut se boire telle quelle ou avec divers additifs, entre autres des feuilles de Diplopteris cabrerana ou oco-yajé et de Psycholtria viridis.

Les deux espèces de Banisteriopsis ont une écorce lisse et brune. L'inflorescence se compose de plusieurs petites fleurs allant du rose au rose foncé. Le B. inebrians se distingue du B. caapi par ses feuilles plus épaisses, plus fines et ovales et par la forme du samare.

La liane contient des inhibieurs de MAO : harmaline, harmine, etc...

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Utilisé en Amazonie occidentale et par des tribus isolées du versant pacifique des Andes colombiennes et équatoriales.

Bu en général au cours de cérémonies religieuses comme celle des Tukano de Colombie, appelée Yurupari, qui célèbre l'entrée des garçons dans l'âge adulte. Les Jivaros croient pouvoir communiquer avec les ancêtres grâce à l'ayahuasca. La drogue permettait aussi à l'âme de quitter son corps et de voyager librement.

L'écorce trempée dans de l'eau froide ou bouillante peut s'absorber seule ou avec des additifs, le plus souvent les feuilles de B. rusbyana (Diplopterys cabrerana) et de Psychltria viridis, qui varient ses effets. Elle peut aussi être mâchée.

D'après de récentes observations faites dans le nord de l'Amazonie, la plante est aussi utilisée comme poudre à priser.

L'activité hallucinogène est surtout due à l'harmine, le principal alcaloïde de type β-carboline présent dans les végétaux. Les effets de cette boisson amère et nauséeuse varient entre l'ébriété agréable sans effets secondaires et des réactions violentes provoquant des vomissements. Se manifestent généralement par des hallucinations colorées, l'ivresse se termine par un sommeil profond, peuplé de rêves.

 

BOLETUS Dill. ex Fr.

Boletus manicus Heim

Bolet qui rend fou

Bolétacées – Cosmopolite

On retrouve diverses espèces de bolets dans la curieuse "folie par les champignons" des Kuma de Nouvelle-Guinée. L'un d'eux, le Boletus reayi, est caractérisé par un chapeau hémisphérique de 2 à 4 cm de diamètre, dur, d'un brun rougeâtre et jaune crème dans son pourrtour. La chair est jaune citron. Le pied, orange vers le haut, devient vert marbré et gris-rose sur le milieu puis vert vlair à la base.

Les spores ovales, vert olive à l'intérieur, ont une membrane jaune.

Le B.manicus est un champignon bien connu qui, comme son nom l'indique (mania = folie), a des propriétés toxiques.

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En Nouvelle-Guinée, des rapports sur la "folie par les champignons" des Kuma mentionnent plusieurs espèces de bolets.

Les carposomes séchés et broyés sont ingérés. Les substances actives sont inconnues.

 

BRUGMANSIA Pers.

Brugmansia aurea Lagerh.

Stramoine dorée

Solanacées – Ouest de l'Amérique du Sud

Très proches des Datura, les Brugmansia sont des plantes arborescentes probablement toujours cultivées, c'est-à-dire inconnues à l'état sauvage. Biologiquement très complexes, toutes les espèces sont utilisées depuis des millénaires pour l'ivresse qu'elles procurent.

B. suaveolens et B. insignis se trouvent dans les régions les plus chaudes de l'Amérique du Sud, particulièrement dans l'ouest de l'Amazonie où, connues sous le nom de toé, elles sont consommées seules ou mêlées à d'autres végétaux. La plupart des espèces cependant préfèrent le climat frais et humide des montagnes, au-dessus de 1.800 m.

Le B. aurea aux fleurs jaunes et blanches est le plus répandu dans les Andes. Ill a souvent été confondu avec le Brugmansia (ou Datura) arborea dans les livres d'horticulture, bien qu'il s'agisse là d'une plante bien moins répandue. B. aurea est un buisson ou un arbuste pouvant atteindre 9 m de haut. Ses feuilles ovales, longues de 10 à 40 cm et larges de 5 à 16 cm sont souvent très finement velues. La base fine de ses corolles est entièrement recouverte par le calice; la pointe des pétales, longue de 4 à 6 cm, se recourbe vers l'extérieur. Le fruit, de couleur verte, d'un ovale allongé et lisse, est de taille variable. Il reste toujours charnu, sans jamais devenir dur ou laineux. Les graines, anguleuses, brunes ou noirâtres sont assez grandes (de 9 à 12 mm). Ces espèces ne sont pas seulement hallucinogènes, elles jouent un rôle important dans la pharmacopée, soignant toutes sortes de maladies, notamment les rhumatismes. Elles contiennent des alacaloïdes de type tropanol, fortement hallucinogènes. Chimiquement, elles sont apparentées aux Datura, au Latua pubiflora et à la Scopolia carniolica.

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Les Brugmansia sont utilisés dans les régions chaudes de l'Amérique du Sud, surtout en Amazonie occidentale, où on les appelle toa.

Les Mapuche du Chili et les Chibcha de Colombie les utilisent et les Huacacachu péruviens les connaissent.

Les indiens de al vallée du Sibundoy utilisent les Brugmansia dans un but magico-thérapeutique, les Mapuche comme médicament pour les enfants récalcitrants. Autrefois, les Chibcha faisaient boire de la chicha fermentée aux femmes et aux esclaves des chefs défunts, pour les rendre léthargiques avant de les enterrer vivants avec leur mari ou leur maître.

Les graines sont généralement pulvérisées, puis ajoutées à des boissons fermentées. On fait une infusion avec les feuilles.

Toutes les espèces de Brugmansia se ressemblenet chimiquement, même les variétés comportant le moins d'alcaloïdes. Leur principal composant psychotrope est la scopolamine. Les Brugmansia sont de dangereux hallucinogènes. L'ivresse est souvent si violente, que le consommateur doit être retenu jusqu'à ce que survienne une profonde léthargie accompagnée de visions.

 

BRUGMANSIA Pers.

Brugmansia sanguinea (Ruiz et Pavon) D. Don Stramoine sanguine

Solanacées – Amérique du Sud, de la Colombie au Chili

Ce Brugmansia vivace, fortement ramifié atteint 2 à 5 m de haut et développe un tronc lignifié. Les feuilles gris-vert et velues sont grossièrement dentelées. La stramoine sanguine n'exhale pas de parfum le soir. Ses fleurs habituellement vertes à la base sont jaunes au milieu et rouges sur les bords. Il existe des variétés vert-rouge, entièrement jaunes, jaune-rouge et presque entièrement rouges. Les fruits ovales et ventrus, au bout pointu sont lisses et souvent partiellement recourverts du calice desséché. En Colombie, l'époque précolombienne a vu l'utilisation de cette puissante plante chamanique lors des cérémonies dédiées au culte du soleil. En Equateur et au Pérou, des chamans et des curanderos l'utilisent toujours comme hallucinogène.

La plante entière contient des alcaloïdes de type tropanol. Les fleurs renferment essentiellement de l'atropine et des traces de I-scopolamine (hyoscine).

Les graines contiennent environ 0,17 % d'alcaloïdes, dont 78 % de I-scopolamine.

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BRUNFELSIA L.

Brunfelsia grandiflora D. Don Brunfelsie

Soalancées – Régions tropicales au nord de l'Amérique du Sud – Antilles

Plusieurs espèces de Brunfelsia sont utilisées médicalement et comme psychotropes dans l'Amazonie colombienne, équatorienne et péruvienne, ainis qu'en Guyane. On y a trouvé de la scopolétine mais on ne connaît pas d'action psychotrope à ce composant.

B. chiricaspi et B. grandiflora sont des arbustes ou des petits arbes d'envion 3 m de haut. Les feuilles ovales ou lancéolées, longues de 6 à 30 cm, sont réparties sur des petits rameaux.

B. chiricaspi se distingue de B. grandiflora par ses feuilles beaucoup plus grandes, ses pétioles plus longs, ses inflorescnes moins fournies et les lobes de sa corole infléchis.

B. chiricaspi est présente en Amazonie occidentale, en Colombie, en Equateur et ua Pérou. B. grandiflora est commun au Venezuela et en Bolivie. Les Brunfelsia servent d'additif à l'ayahuasca.

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Les Indiens de Colombie l'appellent borrachero ("celui qui rend ivre"). Il est connu sous le nom de chiricaspi ("arbre froid") dans l'ouest de l'Amazonie (Colombie, Equateur et Pérou).

Le Brunfelsia joue un rôle religieux et magique de premier ordre dans la médecine traditionnelle de l'Amazone et il est utilisé comme additif au yajé hallucinogène (voir Ayahuasca).

Les Kofàn de Colombie et d'Equateur, ainsi que les Jivaros d'Equateur l'ajoutent au yajé, préparé avec du Barristeriopsis (voir Ayahuasca), pour en intensifier les effets hallucinogènes.

Les Brunfelsia renferment de la scopolétine, mais celle-ci n'a pas d'action psychotrope connue.

L'ingestin provoque des frissons et une sensation de froid, d'où le nom de la drogue, chiricaspi ("arbre froid").

 

CACALIA L.

Cacalia cordifolia L.fil.

Matwù

Composées – Extrême-Orient, Amérique du Nord, Mexique

Cacalia cordifolia, petite plante grimpante arbustive, présente une tige hexagonale très finement velue. Ses feuilles ovales, longues de 4 à 9 cm, sont nervurées et cordées à la base.

L'infloresence portée par un pédicelle est composée de fleurs longues de 1 cm.

De nombreuses epsèces de Cacalia ont été classées sous le terme de "peyotl" dans le nord du Mexique et il est possible qu'à une certaine époque elles aient été utilisées comme hallucinogènes. Dans cette même région, on attribue à C. cordifolia un pouvoir aphrodisiaque et l'on pense qu'il guérit de la stérélité.

Un alcaloïde y a été découvert, mais cette plante ne paraît pas renfermer de composants chimiques aux propriétés psychotropes. Cette plante peu étudiée est apparemment souvent confondue avec Calea zacatechichi.

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Au Mexique, cette plante passe pour être un aphrodisiaque et un remède contre la stérélité.

L'herbe séchée est fumée. Un seul alcaloïde a été trouvé, mais aucune indication de propriétés hallucinogènes.

 

CAESALPINIA L.

Caesalpinia sepiaria Roxb.

Yün-Shih

Légumineuses – Régions chaudes et tropicales des deux hémisphères

Caesalpinia sepiaria ou yünshih est une plante grimpante arbustive aux épines recourbées. Elle semble avoir été utilisée comme hallucinogène en Chine. La médecine populaire apprécie ses racines, ses fleurs et ses graines. La consommation sur une longue période permettrait même des lévitations et un "dialogue avec les esprits".

Les feuilles pennées de cette plante grimpante qui pousse en largeur, longues de 23 à 28 cm portent 8 à 12 paires de folioles. La grande inflorescence droite aux fleurs jaune canari est remarquable. Le fruit lisse, ovoïde et pointu contient 4 à 8 graines ovales, brunes tachées de noir, de 1 cm de long. On a décelé un alcaloïde de structure inconnue dans Caesalpinia sepiaria.

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On trouve cette plante en Chine, Tibet et Népal pour ses vertus médicinales. C'est un remède très populaire. Les racines, fleurs et graines sont utilisées.

Le plus ancien herbier chinois indique que "les fleurs permettent de voir des esprits.

 

CALEA L.

Calea zacatechichi Schlecht.

Zacatechichi

Composées – Régions tropicales du nord de l'Amérique du Sud, Mexique

Ce modeste arbuste répandu du Mexique au Costa Rica et connu sous le nom de zacatechichi ("herbe amère") a tenu une place importante dans la pharmacopée indigène. On l'a aussi utilisé comme insecticide.

Selon des informations récentes, il semblerait que les Indiens chontal d'Oaxaca fassent une infusion hallucinogène avec les feuilles séchées de cette plante. Croyant aux visions apparues dans les rêves, les guérisseurs chontal, qui affirment que le zacatechichi éclaircit les sens, nomment cette plante Thlepelakano ou "feuille de Dieu".

On n'a pas encore isolé de substances hallucinogènes à partir de C. zacatechichi. Cependant, l'herbe contient des germacranolides.

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Bien que répandue du Mexique au Costa Rica, la plante n'aurait été utilisée que par les Chontal d'Oaxaca.

Utilisé en médecine traditonnelle, surtout comme purgatif et fébrifuge et comme astringent en cas de diarrhée.

Une infusion est préparée avec les feuilles écrasées et séchées et consommée comme hallucinogène.

La plante contient un alcaloïde encore inconnu, ainsi que des lactones sesquiterpènes.

 

CANNABIS L.

Cannabis sativa L.

Chanvre commun ou cultivé

Cannabiacées – Régions chaudes et tempérées, cosmopolite

Cannabis sativa est devenu très polymorphe. Il s'agit généralement d'une plante herbacée annuelle foisonnante, dressée, aux branches souples, pouvant atteindre une hauteur de 5,4 m.

Chez cette espèce dioïque le pied mâle meurt après avoir libéré son pollen. Le pied femelle, plus résistant, est aussi plus épais et touffu. Les fleurs simples, vert foncé, parfois vert jaunâtre u brun pourpre, sont portées par les branches axillaires ou terminales. Le fruit ovoïde et légèrement aplati est un akène couvert d'un calice persistant.

Enveloppé par uen bractée, il s'attache à la tige sans aucune articulation. La graine ovale mesure 4 x 2 mm, parfois plus.

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En Inde, l'utilisation du Cannabis avait une signification religieuse. Sur un site égyptien, on a trouvé des spécimens vieux de près de 4.000 ans.

Dans l'ancienne Thébes, la plante était transformée en un breuvage aux effets proches de ceux de l'opium. Les Scythes des bords de la Volga cultivaient le Cannabis il y a 3.000 ans. Ils en jetaient les graines et els feuilles sur les pierres chaudes de leurs bains de vapeur, produisant ainsi une fumée enivrante.

En Chine, son usage remonte à 4.000 ans.

Le Cannabis a une longue carrière dans la médecine traditionnelle et en tant que substance psychotrope. Le chanvre livre un fruit comestible, une fibre textile, une huile pour l'industrie, des médicaments et un stupéfiant dont l'usage s'est répandu sur la quasi-totalité du globe depuis quarante ans. La consommation croissante du Cannabis dans les pays occidentaux, et surtout dans les grandes villes, a posé des problèmes difficiles aux autorités.

Le Cannabis s'absorbe de différentes façons. Dans le Nouveau Monde, on fume de la marijuana; le bout des inflorescences ou les feuilles séchés et broyés sont mélangés à du tabac ou à d'autres herbes et fumés en cigarettes. Dans les pays musulmans du Proche-Orient ou d'Afrique du Nord, le haschisch, la résine de la plante femelle, est mangé ou fumé, souvent dans des pipes à eau.

La plus forte concentration de principes psychotropes (des composés cannabinoliques) se trouve dans la résine, très abondante dans l'inflorescence femelle. La plante fraîche contient principalement des acides cannabinoliques, précurseurs des tétrahydrocannabinols et d'autres comosants apparentés, tels le cannabinol et le cannabidiol.

Les effets sont surtout dus au transtétrahydrocannabinol-3,4.

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