Les maladies vécues

Cela peut prendre la forme de syncopes, de crises d’hystérie, d’épilepsie qui sont alors l’expression d’une communication privilégiée avec le monde des esprits : ces maladies permettent le contact avec le monde invisible et sa compréhension. Souvent le novice demandera l’aide d’un chamane expérimenté pour extraire et contrôler le pouvoir qui a pris possession de lui.

Par ailleurs, le fait d’avoir guéri de telle maladie particulière, peut justifier de la capacité de la soigner et donc désigner un chamane.

L’intolérance spontanée à certains aliments (animaux chassés ou pêchés par le groupe) peut désigner un chamane, car elle se révèlera plus tard correspondre à ses esprits-animaux auxiliaires et protecteurs.

Un choc reçu suite à un événement particulier (décès d’un proche, perte financière, longue maladie…) qui sera surmonté grâce à l’aide des esprits peut amener l’individu à devenir chamane (Sibérie).

Un autre signe d’élection peut s’exprimer par des attitudes étranges, signifiant une communication avec les esprits.

En Sibérie on a vu de futurs chamanes rester des semaines dans un arbre, ou des jours allongés immobiles par terre, ou bien encore courir nus dans la neige.

Et puis ne dit-on pas que Socrate restait parfois debout, immobile pendant des jours, au milieu de l’Agora !

Les sociétés chamaniques sont aussi très vigilantes aux signes (« augures » de l’Antiquité): la présence de tel animal ou d’un arc-en-ciel à la naissance d’un enfant pourra augurer de son futur statut de chamane ; l’orage, la pluie ou l’éclair à un moment opportun témoigneront que les esprits accompagnent la personne et la désignent.

Intervient enfin un signe plus significatif qui consacrera définitivement l’élection du chamane.

Cela pourra être :

- un évanouissement prolongé du futur chamane qu’un chamane confirmé viendra «expertiser»

- une vision spécifique du chamane pressenti qui confirmera le choix ;

Chez les Toungouses, ce sera la vision de l’animal dont la peau servira à fabriquer le manteau ou le tambour.

Black elk (sioux) a raconté la vision qu’il avait eu enfant et qui l’avait transportée dans le monde de l’au-delà où des « grands-pères » lui avaient révélé sa mission de chamane protecteur de son peuple.

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  • un rêve particulier : en Australie, un chamane aborigène raconte avoir emmené son fils en rêve au pays des guérisseurs où ces derniers lui ont communiqué des connaissances. Au réveil le père interroge son fils pour vérifier s’il en garde le souvenir. Dans le cas affirmatif, le fils est prêt à devenir chamane ; sinon, il lui faudra soit attendre, soit renoncer.
  • les informations rapportées suite à la prise de plantes hallucinogènes : en Amazonie ce que le futur chamane ramène comme visions, connaissances, expériences, sont autant d’éléments qui permettront son « évaluation ».

Or la personne choisie, désignée par les esprits, quelle qu’en soit la façon, ne peut pas refuser.

Un chamane sibérien explique à la fin du XIXème : « Nous n’assumons pas cette vocation sans en payer le prix. Nos maîtres (les esprits) nous surveillent jalousement et malheur à qui les déçoit ! Nous ne pouvons pas nous désister. »

Chez les Chukchee (Sibérie), les jeunes, face aux difficultés de la vie de chamane, sont souvent réticents et refusent de prendre le tambour pour appeler les esprits. Ceux-ci les poursuivent sans relâche, allant jusqu’à provoquer maladie, folie et mort.

Certains exemples parlent d’Indiens des plaines ayant préféré se suicider plutôt que d’obéir à l’appel.

Finalement, suite à la confirmation du choix du nouveau chamane, s’amorce une nouvelle étape pour lui.

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