Plante hallucinogène ?

Mise en garde

Cette partie du site ne veut ni ne doit inciter à l'usage de plantes hallucinogènes. Il offre une documentation scientifique sur un groupe de végétaux qui ont été ou sont encore importants pour la vie tant culturelle que religieuse de nombreuses sociétés humaines.

J'attire votre attention sur le fait que bon nombre de plantes décrites ou représentées sont soumises à la Loi sur les narcotiques et que leur usage peut entrainer des poursuites judiciaires.

Qu'est-ce qu'une plante hallucinogène ?

De nombreuses plantes sont toxiques. Ce n'est pas un hasard si la racine étymologique de ce mot largement utlisé par les spécialistes vient du grec toxicon, dérivé de toxon, "arc", et qui signifiait à l'origine "flèche empoisonnée".

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C'est parce qu'elles sont toxiques que les plantes médicinales peuvent guérir ou soulager. Le plus souvent, on prête au mot toxique le sens de poison mortel. Or, comme l'écrivait Paracelse au XVIème siècle : "Il y a du poison dans toute chose et il n'est rien sans poison. Qu'une chose devienne posion ou pas ne dépend que de la dose.".

La différence entre un poison, un médicament et un narcotique est une simple question de dosage. La digitale par exemple, en quantité appropriée, est un des remèdes caridaques les plus efficaces et les plus employés mais, à fortes doses, elle devient un poison mortel.

Au sens large du terme, il conviendrait d'appeler toxiques les substances végétales, animales ou chimiques ingérées pour des raisons non alimentaires qui n'influent pas de façon spectaculaire sur les fonctions biodynamiques du corps. Cette définition large inclurait des principes actifs comme la caféine; employée normalement elle ne provoque pas d'intoxication, à fortes doses cependant, elle devient dangereuse.

Les hallucinogènes sont à classer dans les substances toxiques. Ils provoquent des symptômes évidents d'intoxication (ivresse). Au sens large, on peut aussi les qualifier de narcotiques. Ce mot, du grec narkoyn, "engourdir", désigne étymologiquement toute substance qui finit par provoquer un état dépressif du système nerveux central, même si elle inclut des phases actives; ainsi l'alcool est un narcotique. Les stimulants comme la caféine, bien qu'exerçant une actionpsychotrope, ne peuvent entrer dans cette catégorie puisque à doses normales ils ne provoquent pas cette dépression. Le terme allemand Genubmittel (moyen de plaisir), désignant à la fois les narcotiques et les stimulants, n'a aucun équivalent en français ou en anglais.

En général, on classe les hallucinogènes parmi les narcotiques bien que l'on n'en connaisse aucun qui produise un phénomène d'accoutumance ou qui soit anesthéisant.

Il existe plusieurs types d'hallucinations. Les plus courantes sont visuelles, la plupart du temps colorées, mais tous les sens peuvent être affectés : l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. Souvent, diverses formes d'hallucinations sont provoquées par une seule plante; c'est le cas du peyotl ou de la marijuana.

Les substances hallucinogènes peuvent aussi causer des psychoses artificielles, on les qualifie alors de psychominétiques (qui provoquent des états psychotiques). La recherche moderne sur le cerveau a démontré que l'activité cérébrale, déclenchée par les hallucinogènes diffère complètement de celle observée lors de vraies psychoses.

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Des recherces récentes ont révélé une telle diversité des effets psychophysiologiques que le terme d'hallucinogène ne peut recouvrir qu'une aprtie des effets possibles. De nombreuses propositions de nomenclature ont été faites sans qu'aucun des termes ne désigne à lui tout seul l'ensemble des phénomènes provoqués par ces substances : délirogène, psychostimulant, psychotique, prychodysleptique, psychogène, psychomimétique, psychédélique, enthéogène.

Il est en fait impossible de regrouper sous un terme unique des plantes aux effets psychotropes si diversifiés. Le toxicologue allemant Louis Lewin, qui utilisa le premier le terme "phantastica", admet que le mot ne recouvre pas tout ce qu'il voudrait lui faire signifier. Hallucinogèe, facile à comprendre, n'est pas entièrement satisfaisant puisque les plantes dont il est question ne provoquent pas toutes des hallucinations. Psychomimétique, bien que souvent employé, n'est pas accepté par les spécialistes, les plantes concernées ne causant pas toutes des états psychotiques. Néanmoins, comme les termes hallucinogènes et psychomimétique sont très usités, nous les emploierons dans ce site.

Parmi les nombreuses définitions proposées, celle de Hoffer et Osmond paraît assez générale pour être acceptée par une majorité : "Les hallucinogènes sont [...] des substances chimiques qui, à des doses non toxiques, provoquent des changements dans la perception, la pensée et l'humeur, mais donnent rarement lieu à la confusion mentale ou à des pertes de la mémoire, de l'identité ou du sens de l'orientation dans le temps et l'espace.".

Albert Hofmann, en se fondant sur la classification de Lewin, divise les drogues psychotropes en analgésiques et euphorisants (opium, cocaïne), sédatifs et tranquilisants (réserpine), hypnotiques (kawa-kawa) et hallucinogènes ou psychédéliques (peyotl, marijuana, etc...). La plupart d'entre elles ne font que modifier l'humeur, en stimulant ou en calmant. Le dernier groupe cité provoque cependant de profonds changements au niveau des sensations, de la perception du soi (allant jusqu'à la dépersonnalisation). Sans perdre connaissance, l'individu pénètre dans un monde onirique qui lui paraît souvent plus réel que le monde normal. Les couleurs sont fréquemment perçues avec une luminosité indescriptibles; les objets perdent leur caractère symbolique. Détachés de tout contexte, ils semblent mener une existence propre, acquérant par là une signification plus profonde.

Les changements psychiques et les modifications de la conscience provoqués par les hallucinogènes sont si éloignés de la vie ordinaire qu'il est impossible de les décrire dans un langage quotidien. Un individu sous hallucinogène abandonne son univers familier et fonctionne selon d'autres critères, dans une dimension et un temps différents.

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Si la plupart de ces substances sont d'origine végétale, certaines nous viennent du monde animal (crapaus, grenouilles, poissons) et d'autres sont des produits de synthèse (LSD, TMA, DOB). Leur usage remonte si loin dans la préhistoire que, selon certains auteurs, la conception du divin serait peut-être le fait des effets surnaturels de ces substances. Dans l'ensemble, les cultures primitives ne conçoivent pas la maladie et la mort comme des phénomènes physiologiques et organiques, mais comme le résultat d'interférences avec le domaine des esprits. Etant donné qu'ils permettent au guérisseur, et parfois même au malade, de communiquer avec cet univers sunraturel, les hallucinogènes représentent des remèdes primordiaux dans la pharmacopée trditionnelle.

Leur rôle est beaucoup plus imporant que celui des remèdes qui exercent une action physique directe. Ils sont devenus petit à petit le fondement de la thérapeutique dans la plupart des sociétés primitives.

Ces plantes doivent leurs propriétés à un petit nombre de corps chimiques agissant spécifiquement sur des parties bien déterminées du système nerveux central. L'état hallucinatoire est généralement de courte durée, ne dépassant pas le temps de métabolisatin du principe actif ou de son élimination. Il semble qu'il y ait une différence entre les véritables hallucinatins (visions) et ce que l'on pourrait qualifier de pseudo-hallucinations. De nombreux végétaux peuvent affecter si fortement le métabolisme qu'ils provoquent un étant mental anormal répondant à tuos les critères de l'hallucination. De nombreuses plantes expérimentées par le milieu de la drogue et qui passent pour de nouveaux hallucinogènes (par exemple la salvinorine) appartiennent à cette dernière catégorie. Ces états pseudo-hallucinatoires peuvent être provoqués sans l'ingestion de plantes et de substances toxiques, mais par de fortes fièvres, par exemple. Les fanatiques religieux du Moyen Age qui jeûnaient pendant de longues périodes arrivaient à perturber leur métabolisme de telle manière qu'ils étaient véritablement sujets à des visions et entendaient des voix, subissant sans le savoir des effets pseudo‑hallucinogènes.

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Le problème aujourd’hui, c’est que n’importe qui peut se proclamer chaman (comme n'importe qui peut devenir magicien, illusionniste ou prestidigitateur) et être amené à un exercice illégal de la médecine ou autres. En effet, ces chamans autoproclamés recourent à des produits hallucinogènes puissants, distribués lors de séjours initiatiques à l’étranger (Iboga ou Ayahuasca.....) et s’intéressent davantage à l’argent, à l’emprise sur les personnes et à la dépendance des produits plutôt qu’à la solution des problèmes recherchée par les personnes en souffrance.

Il s’agit donc de pratiques dangereuses non seulement pour la santé physique mais aussi psychologique car l’occidental n’y est pas préparé : il n’est pas rare que la mort survienne après ingurgitation des produits. Des enquêtes judiciaires existent pour mise en danger de la vie d’autrui, abus de faiblesse, stupéfiants...

En France et en Belgique, se créent de nombreux centres ayant pour but d’insérer l’être humain dans l’ensemble de la création du monde et invitant à des voyages initiatiques à l’étranger de toute nature : chamanisme africain, chamanisme amérindien, chamanisme amazonien, etc. Un chamanisme touristique et non thérapeutique devrait être considéré comme une pure arnaque et rien d’autre : les stagiaires ou clients sont laissés dans le dénuement le plus total après la prise de plantes hallucinogènes, sans assistance, sans surveillance de personnes expérimentées.

Si la coupure avec ses proches, son milieu professionnel est motivée par le désir de vivre une aventure mystique permettant de plonger dans l’inconscient, de façon magique grâce à l’ingestion d’une plante possédant une forte nocivité, il faut se poser la question du sens de l’usage d’une plante psychotrope dont les effets restent mystérieux pour mieux comprendre d’où viendrait le mal intérieur et connaître la vérité sur soi-même? L’utilisation de produits psychotropes faisant perdre aux personnes sous emprise toute notion de la réalité, présente donc un risque réel d’embrigadement de nature sectaire et de manipulation pouvant aller jusqu’à la sujétion mentale.

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