Le règne végétal

Avant le XVIIème siècle, il n'existait en botanique ni classification ni nomenclatures logiques généralement acceptés. Dans les divers pays d'Europe, on connaissait les plantes sous leur nom populaire; les savants utilisaient des périphrases latines souvent lourdes.

Vers le milieu du XVème siècle, l'invention de l'imprimerie permit la publication d'un certain nombre de livres de botanique dont la plupart étaient consacrés aux plantes médicinales. Entre 1470 et 1670, la botanique et la médecine se libérèrent enfin des anciens principes de Dioscoride et des autres naturalistes de l'Antiquité, qui avaient régi la science européenne pendant près de mille six cents ans. En deux cents ans, la botanique fit alors plus de progrés qu'elle n'en avait fait durant les seize siècles précédents.

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Mais il fallut attendre le XVIIIème siècle pour que Carl Von Linné, médecin et naturaliste suédois, professeur à l'Université d'Uppsala, mît au point le premier système de classification scientifique et de nomenclature des plantes, dans son monumental Species Plantarum de 1200 pages, publié en 1753.

Linné groupa les végétaux suivant un système sexuel comprenant vingt-quatre catégories, fondé sur le nombre et les caractéristiques des étamines.

Il donna à chaque plante un genre et un nom spécifique, réalisant ainsi une nomenclature binominale. D'autres botanistes avaient déjà utilisé le binôme, mais Linné fut le premier à construire un système rigoureux. Celui-ci, artificiel et inadéquat pour comprendre l'évolution des végétaux (qui fut étuidée plus tard), n'est plus en usage de nos jours, mais sa nomenclature est universellement acceptée et, pour les botanistes, l'année 1753 en marque le début.

A cette époque, Linné croyait avoir classifié la presque totalité de la flore mondiale qu'il estimait à 10.000 espèces ou moins. Mais ses trvaux et l'influence qu'exercèrenet ses nombreux élèves stimulèrent de nouvelles recherches sur la flore despays nouvellement colonisés ou exploités. En 1847, près de cent ans plus tard, le botaniste anglais John Lindley estimait la flore mondiale à 100.000 espèces réparties en 8.900 genres.

La bontanique moderne n'a que deux siècles d'existence, mais cette estimation s'est encore largement accrue, allant aujourd'hui de 280.000 à 700.000 espèces. Le chiffre le plus haut est généralement soutenu par les botanistes qui travailent sur la flore relativement mal connue des régions tropicales.

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Le Datura innoxia, qui appartient à une des familles les plus évoluées des plantes à fleurs, a des propriétés hallucinogènes

Les seuls champignons compteraient de nos jours entre 30.000 et 100.000 espèces. La disparité entre ces chiffres est due en partie au manque d'études d'ensemble et aux difficultés qu'il y a à définir certains types unicellulaires. Un mycologue contemporain, tenant compte du fait que les champignons sont peu collectés sous les tropiques où ils sont pourtant si nombreux, a suggéré que le nombre total d'espèces pourrait bien se situer autour de 200.000.

Les algues sont toutes aquatiques et plus de la moitié d'entre elles vivent dans la mer. On pense aujourd'hui que ce groupe très varié comprend entre 19.000 et 32.000 espèces. Certaines, trouvées dans des fossiles précambriens. Les cyanophycées (Collenia) représentent la plus ancienne forme de vie connue sur terre.

Les lichens, organismes symbiotiques constitués par l'association d'une algue et d'un champignon, comptent entre 16.000 et 20.000 espèces réparties en 450 genres.

Les bryophytes se divisent en deux groupes : les mousses et les hépatiques. La plupart étant tropicales, on s'attend à découvrir de nombreuses espèces nouvelles avec l'exploration plus poussée de ces régions. Le manque d'importance économique de ce groupe de plantes explique le peu de connaissances que nous possédons à son sujet.

D'après des estimations récentes, il ya aurait entre 12.000 et 15.000 espèces de ptériodophytes (fougères et plantes apparentées). Ces végétaux très anciens sont aujourd'hui particulièrement nombreux dans les régions tropicales. Numériquement, la flore est dominée par les permatohytes ou plantes porteuses de graines. Les gymnospermes (conifères) constituent un petit groupe de 675 espèces, remontant au carbonifère et apparemment en voie de disparition.

Le groupe végétal dominant qui a développé le plus grand nombre et la plus grande diversification d'espèces est celui des angiospermes. Dans l'esprit populaire il représente la totalié du monde végétal. Composé de plantes dont les graines sont couvertes ou protégées par le tissu ovarien, il diffère des gymnospermes dont les graines sont nues. Appelées communément plantes à fleurs, elles sont aujourd'hui consiérées comme les plantes "les plus importantes" grâce à leur exploitation et se sont imposées sur la totalité de la terre ferme, dans les environnements les plus divers. Leur nombre vrie selon les estimations. La plupart des botanistes pensent qu'il existe de 200.000 à 250.000 espèces réparties en 300 familles. D'autres calculs, vraisemblablement plus réalistes, permettent de les estimer à 500.000.

Les angiospermes sont divisées en deux groupes principaux; les monocotylédones, ou plantes à une seule feuille par graine, et les plantes à deux feuilles (ou plus) par graine ou dicotylédones. Les premières représentent le quart de la totalité des plantes à fleurs.

Certaines familles du règne végétal sont particulièrement importantes, leurs espèces possédant des substances aux propriétés médicinaes ou enivrantes.

Les champigons, par exemple, éveillent de plus en plus d'intérêt : pratiquement tous les antibiotiques connus en sont dérivés. On les utilise également dans l'industrie pharmaceutique pour synthétiser els stéroïdes. Un grand nombre d'espèces de ce groupe végétal possèdent sans doute des composants hallucinogènes, mais seuls des ascomycètes (ergot de seigle) et des basidiomycètes (divers champignons comprenant les vesses-de-loup) ont été utilisés par l'homme. On a très récemment découvert que des champignons produisaient la dangereuse aflatoxine alimentaire.

Curieusement, on ne connaît de nos jours quasiment aucune espèce d'algue ou de lichen utlisée comme hallucinogène. Mais un nombre impressionnant de nouveaux composatns biodynamiques, certains d'entre eux fort précieux pour la médecine, ont été isolés à partir d'algures. Des recherches récentes ayant pour but d'isoler des substances actives à partir de lichens se sont r&évélées prometteuses; on a trouvé ung rand nombre de composants antibactériens ainsi que des substances chimiques intéressantes. L'emploi de lichens hallucinogènes a été souvent signalé dans l'extrême nord-ouest de l'Amérique, mais nous n'avons pas encore obtenu de spécimens identifiables ou d'informatons vérifiées. En Amérique du Sud, le lichen Dictyonema est utilisé pour ses propriétés psychotropes.

Les byrophytes ont été négligés surle plan phytochimique, et les rares types étudiés n'ont pas donné grand espoir d'y découvrir des substances médicalement actives. Leur usage en ethnomédecine n'a pas non plus été signalé. Cela dit, les recherches phytochimiques qui les concernent n'ont pas été poussées. Des recherches très récentes ont révélé une richesse insoupçonnée de composés biodynamiques qui intéressent la médecine et l'industrie : il s'agit de lactones sesquiterpinoïdes, d'ecdyosones, d'alacloïdes et de glycosides cyanogéniques.

Des travaux ont été entrepris récemment pour rechercher des agents antibactériels à partir d'extraits de quarante-quatre fougères de Trinidad, et 77 % de ces extraits ont donné des résultats positifs. Cependant, ni les laboratoires ni les indigènes n'ont trouvé de constituant hallucinogène, bien que plusieurs fougères soient utilisées en Amérique du Sud comme additifs à des boissons hallucinogènes (ayahuasca).

Parmi les spermatophytes, les gymnospermes ne livrent que peu de substances biodynamiques actives. On les connaît surtout comme source de l'éhédrine et de la taxine, autre alcaloïde très toxique. En outre, leur résine et leur bois ont une grande importance économique. Ce groupe de plantes à graines est aussi très riche en stilbines et autres composatns qui protègent le bois de la pourriture.

Les angiospermes sont particulièrement importantes, c'est le groupe comportant le plus grand nombre d'espèces. Ces plantes fournissent la majeure partie de nos remèdes d'origine végétale. La plus part des espèces toxiques, dont une grande partie des hallucinogènes et des narcotiques utilisés par l'homme, appartiennent à ce groupe.

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