Appareil pour puiser le vin

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Voici un petit appareil utile pour puiser le vin.

On construit une petite sphère creuse en airain, telle que AB, dont la partie inférieure est percée d’un grand nombre de petits trous comme un crible. La partie supérieure est traversée par un tube creux ΓΔ qui est soudé à la sphère et dont l’orifice du haut débouche au dehors.

Quand on veut puiser du vin, d’une main on saisit le tube ΓΔ près de l’orifice Γ et on plonge la sphère dans le vin jusqu’à ce qu’elle soit totalement immergée; le vin entre par les trous et l’air intérieur est chassé par le tube ΓΔ. Si ensuite, en appuyant le pouce sur l’orifice Γ, on sort la sphère du vin, le vin qui est dans la petite sphère ne s’écoulera pas; en effet, l’air ne pourrait entrer pour remplir le vide que par l’orifice Γ, et cet orifice est bouché avec le pouce.

Quand on veut laisser couler le vin, on retire le doigt et l’air en entrant remplit l’espace où le vide se produit. En pressant de nouveau avec le doigt l’évent Γ, le vin ne coulera plus jusqu’à ce qu’on retire encore une fois le doigt de l’orifice.[8]

On peut aussi, en plongeant la petite sphère dans de l’eau chaude ou froide, y faire pénétrer une certaine quantité de celle-ci et ensuite laisser s’écouler le liquide en telle proportion que l’on voudra jusqu’à ce que le vase soit totalement vide.

Si l’extrémité Γ du tube ΓΔ est recourbée, il n’y aura rien de changé dans les phénomènes; on aura même plus de facilité à boucher l’orifice avec le doigt.

Voici la version améliorée que l'on utilise encore en magie aujourd'hui qui est un grand classique et qui se nomme lota bowl, water of india magic ou encore lota vase.

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On peut, par le même moyen, donner à volonté de l’eau chaude ou de l’eau froide avec une même petite sphère comme ci-dessus.

On construit une petite sphère ΑΒ semblable à la précédente, sauf une cloison verticale ΓΔ qui la divise en son milieu. Un tube ΕΖ est également soudé à la petite sphère et communique avec l’intérieur; dans ce tube existe une cloison ΓΗ qui est la continuation de la cloison ΓΔ, et les deux orifices supérieurs Θ et K [ainsi produits] doivent se recourber du côté de E et de Z. De part et d’autre de la cloison ΓΔ, au fond de la petite sphère AB et autour du point Δ, il y a des trous semblables à ceux qu’on voit dans les écumoires de cuisine et qui forment une espèce de crible.

Quand on veut puiser de l’eau chaude, on bouche les ouvertures Θ et K avec deux doigts, on plonge la petite sphère dans l’eau chaude, puis on ouvre l’un des orifices, Θ par exemple, de façon que l’air de l’hémisphère ΒΤΔ puisse être chassé par le trou Θ; l’eau chaude, entrant par le crible, remplira l’hémisphère ΒΤΔ. Rebouchant alors le trou Θ, en sortant la petite sphère de l’eau, son contenu ne s’échappera pas parce que l’air n’a pas d’entrée. Alors de la même manière, on plonge la petite sphère dans l’eau froide, on ouvre l’orifice K et, quand l’hémisphère ΑΓΔ est plein, on rebouche K et on ressort la petite sphère qui se trouve alors remplie d’eau chaude et d’eau froide, de sorte que, selon que l’on veut donner issue à l’une ou à l’autre, on ouvre l’orifice qui lui correspond; on peut encore le refermer quand on veut arrêter l’écoulement et répéter l’opération jusqu’à ce que tout soit vidé.

Il est également possible de remplir le même vase, d’un côté avec du vin, de l’autre avec de l’eau froide ou chaude ou un autre liquide quelconque. On peut même faire écouler autant de liquides et en telles proportions que l’on voudra en multipliant les cloisons et les orifices par lesquels l’air peut pénétrer dans chaque compartiment et en sortir.

Au lieu d’issues recourbées, on peut faire à la partie supérieure de la paroi du tube, dans des endroits convenables, un certain nombre de trous qu’on pressera avec les doigts quand on voudra les boucher.

Pour rendre invisibles les cribles, on les recouvrira d’un conduit unique; les divers liquides sembleront ainsi couler de la même source. 

Voici maintenant une aiguière disposée de manière à recevoir et à écouler une plus ou moins grande quantité de liquide dans un temps donné, et telle que, si l’on y a introduit de l’eau et du vin, elle verse pendant un certain temps de l’eau pure, pendant un autre temps du vin pur et enfin un mélange des deux.

 

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On la construit ainsi :

Soit ΑΒ une aiguière divisée en son milieu par un diaphragme ΓΔ, dans lequel on a percé des trous comme ceux d’un crible, disposés sur un segment en E près du ventre du vase. Dans ce même diaphragme et sur la ligne médiane on a également percé un trou rond Ζ par lequel on fait passer le tube ΖΗΘ soudé au diaphragme et arrivant en H jusque près du fond du vase. L’autre extrémité Θ du tube sort, sur le côté de l’aiguière, sous l’anse avec laquelle elle est soudée et en communication, cette anse étant creuse et présentant, à sa partie supérieure, un trou K qui peut être bouché avec le doigt quand cela est nécessaire.

Si alors, fermant l’évent K comme je viens de le dire, on introduit un liquide dans l’aiguière, ce liquide restera dans le compartiment supérieur, ne pouvant descendre par le crible dans le compartiment inférieur, à cause de l’air qui n’a pas d’autre issue que l’évent K. Si maintenant nous ouvrons cet orifice, le liquide descendra dans le compartiment inférieur et l’aiguière pourra en recevoir une nouvelle quantité.

On peut commencer par verser du vin de manière à remplir le compartiment ΒΓΔ puis, fermant l’évent, verser de l’eau par dessus. Ces deux liquides ne se mélangeront pas et, si nous penchons l’aiguière, elle ne donnera issue qu’à de l’eau pure; mais, si nous ouvrons l’orifice, l’eau continuera à couler et le vin coulera aussi puisque l’air peut entrer par l’évent et remplir l’air qui se produit enfin le vin coulera pur. On peut aussi verser l’eau d’abord, puis, bouchant le trou, du vin par-dessus, de manière à donner aux uns du vin pur, à d’autres du vin mouillé enfin à ceux que nous voudrons mystifier, de l’eau. 

 Construire une sphère creuse ou tout autre vase dans lequel, si l’on verse un liquide, on puisse le faire s’élever spontanément avec une grande force de manière à vider le vase quoiqu’un tel mouvement soit contraire à la nature.

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La construction se fait ainsi :

Soit une sphère de la contenance d’environ 6 cotyles (1 litre 1/2) dont les parois sont faites avec un métal assez résistant pour supporter la pression de l’air qu’on va produire. Plaçons cette sphère AB sur une base quelconque Γ, à travers une ouverture percée à sa partie supérieure, on introduit un tube qui descend jusqu’à la partie de la sphère diamétralement opposée au trou, en y laissant toutefois un espace suffisant pour le passage de l’eau. Ce tube fera une légère saillie au-dessus de la sphère à l’ouverture de laquelle il est soudé et il se divisera en deux branches ΔΗ et ΔΖ auxquelles sont fixés deux tubes recourbés ΗΘΚΑ et ΖΜΝΞ qui communiquent intérieurement avec ΔΗ et ΔΖ. Enfin, dans ces tubes ΗΘΚΑ et ΖΜΝΞ et en communication avec eux doit être adapté un autre tube ΠΟ duquel sort à angle droit un tube mince ΡΣ communiquant avec lui et terminé en Σ par un petit orifice. Si, prenant à la main le tube ΡΣ, nous faisons tourner sur lui-même le tube ΠΟ, les deux trous qui se correspondaient ne pourront plus établir la communication, et le liquide qui s’élèvera ne trouvera plus d’issue. Alors, à travers une autre ouverture dans la sphère, on insère un autre tube ΤΥΦ, dont l’orifice inférieur Φ est fermé, mais qui a sur le côté vers le fond en Χ un trou rond auquel est adaptée une petite soupape, du genre de celles que les Romains appellent assarium et dont nous exposerons plus loin la construction.

Dans le tube ΥΦΤ on insère à frottement un autre tube [massif] ΨΩ.

Retirons maintenant le tube ΨΩ, et versons un liquide dans le tube ΥΘΤ, ce liquide entrera dans la cavité de la sphère par le trou Χ, la soupape s’ouvrant à l’intérieur, et l’air s’échappera par les trous du tube ΟΠ dont nous avons déjà parlé et qu’on a disposés de manière à communiquer avec les tubes ΗΘΚΛ et ΖΜΝΞ. Une fois la sphère à demi pleine de liquide, on incline le petit tube ΡΣ de manière à supprimer la communication entre les trous correspondants; alors on enfonce le tube ΨΩ et on chasse dans l’intérieur de la sphère l’air et le liquide contenus dans ΤΥΦ, ce qui nécessite une certaine force, car la sphère est elle-même pleine de liquide et d’air ; cette introduction est rendue possible par la compression de l’air qui se resserre dans les espaces vides qu’il contient en lui-même. Retirons encore le tube ΨΩ de manière à remplir d’air le tube ΤΥΦ; enfonçons de nouveau le tube ΨΩ et poussons cet air dans la sphère. En répétant cette opération plusieurs fois de suite, nous finirons par avoir dans la sphère une grande quantité d’air comprimé. Il est clair, en effet, que l’air introduit de force ne peut pas s’échapper quand la tige du piston est relevée, puisque la soupape, pressée par l’air intérieur, reste fermée. Si alors, replaçant le tube ΡΣ dans la position verticale, nous rétablissons la communication entre les ouvertures correspondantes, le liquide sera chassé à l’extérieur par l’air comprimé qui reviendra au volume qui lui est propre et qui pressera le liquide placé au-dessous de lui. Si la quantité d’air comprimé est considérable, il y aura expulsion non seulement de tout le liquide, mais encore de l’air en excès.

Voici maintenant la construction de la soupape dont j’ai parlé.

 

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Prenez deux plaques d’airain de forme carrée ayant environ un doigt (0,027 m) de côté et épaisse comme une règle de charpentier; ces deux plaques, accolées suivant leurs faces, sont facilement autour de ses charnières et laisse entrer soit l’air soit le liquide dans le vase étanche où il se trouve usées l’une contre l’autre à l’émeri, c’est à-dire polies de telle manière que ni air ni liquide ne puisse passer entre elles. Soient ΑΒΓΔ et ΕΖΗΘ ces deux plaques, au milieu de l’une d’elles ΕΖΗΘ, on perce un trou circulaire d’environ un tiers de doigt (0,01) de diamètre. Alors adaptant les deux plaques suivant l’arête ΕΘ on les réunit entre elles par des charnières, de telle sorte que les surfaces polies coïncident l’une avec l’autre. Quand on doit se servir de cette soupape, on adapte la lame ΕΖΗΘ sur l’ouverture destinée à l’introduction de l’air ou du liquide que l’on veut comprimer, la pression fait ouvrir la plaque ΑΒΓΔ qui se meut très ensuite enfermé et où il repousse la plaque ΑΒΓΔ, fermant ainsi le trou par lequel l’air est entré. 


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