Les oiseaux chantent

On peut disposer les figures de plusieurs de ces oiseaux soit sur une fontaine, soit dans une grotte, soit dans tout autre lieu où existent des eaux courantes. On placera prés d’eux un hibou qui tournera automatiquement la tête vers eux ou du côté opposé. Quand il a la tête tournée, les oiseaux chantent; quand il les regarde, ils se taisent; et cela peut se répéter plusieurs fois.

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Voici comment s’établit cet appareil :

Soit A le jet d’une petite fontaine qui coule constamment; on place au-dessous une caisse ΒΓΔΕ bien étanche munie d’un diabète à cloche HZ ou d’un siphon recourbé et dans laquelle est inséré un entonnoir ΘΚ dont le tube va presque jusqu’au fond de manière à ne laisser que le passage de l’eau; cet entonnoir doit être pourvu de plusieurs petits tuyaux semblables à ceux que nous avons décrits ci-dessus, tels que Λ. Il arrivera que, tandis que la caisse ΒΓΔΕ se remplit d’eau, l’air expulsé par les tuyaux imite ra le chant des oiseaux; mais, quand la caisse sera pleine et que l’eau s’écoulera par le siphon HZ, les oiseaux ne chanteront plus.

Nous allons décrire maintenant les dispositions employées pour faire tourner le hibou tantôt du côté des oiseaux tantôt du côté opposé, ainsi que nous l’avons annoncé plus haut. Soit ΝΞ un axe tourné, fixé sur une base M et sur lequel est ajusté un tube ΟΠ, de manière à pouvoir tourner librement autour de cet axe; à l’extrémité supérieure de ce tube est adapté un petit disque ΡΣ sur lequel le hibou est solidement fixé. Autour du tube sont deux chaînes ΤΥ et ΦΧ enroulées en sens contraire et qui passent sur deux poulies. A l’extrémité de ΤΥ est suspendu un poids Ψ ; l’extrémité de ΦΧ est attachée à un vase vide Ω placé au-dessous du siphon ou du diabète à cloche ZH.

On voit que, quand la caisse ΒΓΔΕ se vide, le liquide tombe dans le vase Ω, le tube on tourne ainsi que le hibou qui regarde alors les oiseaux. Mais, lorsque la caisse ΒΓΔΕ est vide, Le vase Ω se vide aussi à l’aide d’un siphon ou d’un diabète à cloche qu’il contient; le poids Ψ, reprenant alors le dessus, fait retourner le hibou, juste au moment où, la caisse ΒΓΔΕ se remplissant de nouveau, le chant des oiseaux recommence à se faire entendre.

On retrouve ici les origines de l'orgue. L'antiquité gréco-romaine a possédé des instruments à soufflets dès le Ve s. avant J.-C. L'orgue hydraulique construit par Ctésibios d'Alexandrie, sous le règne de Ptolémée VII (170-118 av. J.-C.) et décrit assez obscurément par, son disciple Héron, est le premier de son espèce. La description plus récente d'un instrument analogue, rédigée par Vitruve dans le 1er (?) siècle av. J.-C., et une terre cuite mutilée du musée de Carthage (IIIe siècle) laissent comprendre que l'orgue hydraulique se montait sur une boîte à eau munie de deux pompes à air; le nombre de ses tuyaux est incertain, ainsi que la nature de son clavier. On construisit des orgues hydrauliques jusque dans le IXe siècle : à cette époque il en existait un dans le palais d'Aix-la-Chapelle. Mais l'orgue à soufflets, qui devait le remplacer, était en usage à Byzance. L'orgue tenait une place exceptionnelle dans l'orchestique instrumentale des Byzantins. Il n'avait aucune part dans les cérémonies liturgiques et n'accompagnait jamais les voix, ni dans l'église, ni hors d'elle. Mais il figurait au premier rang des instruments employés dans les fêtes de cour et les cérémonies officielles. Des orgues d'or étaient réservées au service impérial. Des orgues d'argent résonnaient alternativement avec les chœurs pendant les festins d'apparat. Ces orgues sont mentionnées pour, la dernière fois peu de temps avant la chute de Constantinople. Les jeux étaient de 2 sortes : jeux à bouche, jeux d'anche. Le clavier de 15 à 16 notes possédait 4 demi-tons en plus des deux demi-tons de l'octave diatonique.

On peut, par un procédé semblable, faire sonner une trompette.

On insère dans une caisse, hermétiquement close, le tube d’un entonnoir dont l’extrémité atteint presque le fond et qui est soudé au couvercle de la caisse; à côté, une trompette munie de son pavillon et de son anche est fixée d’une façon analogue et communique avec la partie supérieure de la caisse. Quand on versera de l’eau dans l’entonnoir, l’air qui est dans le vase, chassé à travers l’anche, produira le son.

Le développement des instruments de musique mécanique est intimement lié à l’histoire des automates que nous verrons plus loin sur ce site. Les précurseurs des automates furent certains peuples d’Asie et d’Egypte, des statuettes dont certaines parties du corps étaient mobiles. Utilisés à l’origine comme objet de culte elle se transformèrent peu à peu en jouet mécanique incluant souvent un mécanisme sonore.

Au IIIe siècle avant notre ère, Alexandrie devient le centre culturel de son époque. De nombreux mécaniciens-techniciens importants, dont Ctésibios et Héron d’Alexandrie qui contribueront largement à sa renommée.

Les écrivains de l’antiquité évoquaient souvent des automates qui simulaient les mouvements de l’homme ou de l’animal. Homère parle des « trépieds » réalisés par Héphaïstos, sorte de sièges qui se déplaçaient tout seuls ; Pindare évoque les statues animées de l’île de Rhodes et Héron d’Alexandrie à lui-même construit un automatophone à percussion.

Au premier siècle de notre ère, les Grecs, les Romains et les Arabes ont créé les « fameuses fontaines musicales ». Mues par la pression ou l’écoulement de l’eau, celles-ci imitaient le chant des oiseaux. Bien que la religion musulmane interdise de représenter des figures humaine ou animale, les automates étaient particulièrement appréciés par les Arabes.

On peut produire le chant des oiseaux périodiquement par le procédé suivant.

 

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Soit un vase hermétiquement clos, à travers lequel passe un entonnoir dont le tube aboutit près du fond du vase mais à une distance suffisante pour permettre à l’eau de passer. Au dessus de l’entonnoir, on place un vase creux, mobile autour de pivots, chargé d’un poids à sa partie inférieure, et dans lequel tombe le jet de la fontaine. Aussi longtemps que le vase tournant sur pivot est vide, il reste vertical parce qu’il a un petit poids fixe au fond; mais, quand il sera plein [il basculera], l’eau tombera dans le vase hermétiquement clos, et l’air contenu dans ce dernier, chassé à travers un petit tuyau, produira un son. Ce même vase se vide au moyen d’un siphon recourbé et, pendant qu’il se vide, le vase aux pivots se remplit et bascule de nouveau. Il est à remarquer que le jet de la fontaine ne doit pas tomber au centre du vase aux pivots afin que, dès que ce vase est plein, il puisse rapidement basculer.

On peut encore produire des sons périodiques par le procédé suivant.

 

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On prend un vase à diaphragmes transversaux. Dans chacun des compartiments, on place un siphon qui se déverse dans le compartiment voisin, la vitesse d’écoulement étant différente pour ces divers siphons. A chaque compartiment inférieur aboutit un tuyau destiné à produire le son; le jet de la fontaine tombe dans le compartiment supérieur. On voit que, lorsque le compartiment supérieur est plein, l’eau qui s’y trouve passe dans le compartiment situé au-dessous et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle arrive au compartiment qui forme la base. Le vase ne laissant pas passer l’air, celui qui se trouve dans chaque compartiment est chassé par le tuyau correspondant, et produit un son.

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