Les piédestals

On peut construire sur un piédestal une figurine de satyre tenant entre les mains une outre auprès de laquelle est une cuvette. Si on verse du liquide dans cette cuvette de manière à la remplir, l’eau coulera par l’outre dans la cuvette et cela durera jusqu’à ce que toute l’eau se soit vidée dans le canal de l’outre.

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Voici la construction de cet appareil

Soit AB un piédestal clos de toute part et ayant une forme cylindrique ou octogonale selon qu’on trouvera l’une ou l’autre plus élégante; on le divisera en deux par un diaphragme ΓΔ traversé par un tube EZ qui y est soudé et qui s’élève presque jusqu’au couvercle; à travers ce couvercle on fait passer un tube ΗΘ qui, d’un côté, le dépasse légèrement et supporte La cuvette et qui, de l’autre, va presque jusqu’à la base de façon à n’y laisser que juste le passage de l’eau; ce tube doit être soudé au couvercle et au diaphragme. Enfin, un autre tube ΚΛΜ qui descend presque jusqu’au diaphragme, est également soudé au couvercle et s’élève au-dessus de lui de manière à pouvoir déverser dans la cuvette qui est placée au-dessus du tube ΗΘ et en communication avec lui.

Les choses étant ainsi disposées, on remplit de liquide le compartiment AD à l’aide d’un trou N qu’on rebouche ensuite. Si maintenant on verse un liquide dans la cuvette, il descendra par ΗΘ dans le compartiment ΒΤ, et l’air chassé par le tube EZ entrera dans le compartiment ΑΔ où il forcera par sa pression le liquide qui y est contenu à se déverser par le tube ΚΛΜ dans la cuvette. Ce liquide retombant dans le vase BT comprimera de nouveau l’air qui y est contenu, et celui-ci chassera à son tour dans la cuvette le liquide qui est dans le compartiment ΑΔ. Les mêmes choses se reproduiront tant qu’il y aura de l’eau dans le compartiment ΑΔ. Il faut avoir soin que le tube ΚΛΜ aboutisse à l’ouverture de l’outre et qu’il soit très fin pour que le phénomène dure le plus longtemps possible. 

Sur un piédestal est placé un petit arbre autour duquel est enroulé un dragon; une figure d’Hercule se tient auprès, tirant de l’arc; enfin une pomme est posée sur le piédestal. Si quelqu’un vient à soulever avec la main cette pomme au-dessus du piédestal, Hercule lancera son trait contre le dragon et le dragon sifflera.

 

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Soit AB le piédestal en question, étanche et muni d’un diaphragme ΓΔ. A ce diaphragme est fixé un petit cône tronqué creux EZ qui a sa petite base Z du côté du fond du vase dont elle est distante de façon à permettre juste le passage de l’eau. A ce tronc de cône doit être ajusté avec soin un autre cône Θ fixé à une chaîne qui le relie, en passant par un trou, à la pomme placée sur le piédestal. Hercule tient un petit arc en corne, qui a son nerf tendu et placé à une distance convenable de La main droite. Dans cette main droite et de manière à viser le dragon est une autre main en tout semblable à la précédente mais plus petite et munie d’une détente. A l’extrémité de cette détente une petite chaîne ou une corde traversant la plateforme va passer sur une poulie fixée au diaphragme et se relie enfin à la petite chaine qui joint le cône à la pomme.

Bandons donc l’arc, plaçons [le nerf de l’arc] dans la main [qui sert de griffe] et fermons la détente en disposant les choses de telle manière qu’alors La corde soit tendue et la pomme pressée sur la plate-forme; cette corde doit passer à travers le corps et la main, dans l’intérieur de l’Hercule. Enfin un petit tube, de ceux dont on se sert pour siffler, doit partir du diaphragme et s’élever au-dessus du piédestal en passant dans l’intérieur ou autour de l’arbre. Remplissons d’eau le vase AD. Soit AM l’arbre, ΝΞ l’arc, ΟΠ le nerf, ΠΣ le trait, Ρ la main qui sert de griffe, Υ la détente, ΦΧ la corde, Χ la poulie sur laquelle elle passe et ΨΩ le tuyau à sifflet.

Maintenant, si on soulève la pomme K, on élèvera en même temps le cône Q, on tendra la corde ΦΧ et on lâchera la griffe, ce qui fera partir le trait. L’eau du compartiment ΑΔ arrivant dans le compartiment ΒΓ chassera par le tuyau l’air contenu dans le compartiment et produira un sifflement. La pomme étant replacée, le cône [Θ] revient s’ajuster sur l’autre et arrête l’écoulement, ce qui fait cesser le sifflement; on dispose alors de nouveau la flèche et ses accessoires.

Quand le compartiment ΒΓ est plein, on le vide à l’aide d’un goulot muni d’une clef et on remplit de nouveau ΑΔ comme nous l’avons indiqué. 

Étant donnée une figurine placée sur un piédestal et tenant une trompette à la bouche, faire sonner la trompette en soufflant.

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Soit ΑΒΓΔ un piédestal clos de tous côtés, sur lequel se tient une statuette. Dans le piédestal se trouve un hémisphère creux et fermé EZH qui est muni de petits trous dans le fond. De cet hémisphère part un tube ΘΖ qui, passant à travers la figurine, aboutit à la trompette qui est munie d’une anche. On verse de l’eau dans le piédestal à travers un trou qui doit ensuite être rebouché exactement.

Maintenant, si nous soufflons dans le pavillon de la trompette, L’air ainsi envoyé chassera de l’hémisphère l’eau qui y est contenue et qui en sortira par les trous du fond pour s’élever dans les parties supérieures du piédestal; mais, quand nous cesserons de souffler, l’eau rentrera de nouveau dans l’hémisphère et en chassera l’air qui, passant à travers l’anche, produira le son de la trompette. 

Construction d’un calorifère tel que, si l’on place dessus une figure d’animal qui semble souffler, cette figure soufflera sur les charbons et la combustion du calorifère sera activée; de plus, si un robinet est placé sur le pourtour de la partie supérieure du calorifère, rien n’en sortira, bien que ce robinet soit ouvert, à moins qu’on n’ait d’abord versé de l’eau froide dans la coupe; enfin, l’eau froide ne se mélangeant pas avec la chaude jusqu’à ce qu’elle arrive au fond, il sortira de l’eau très chaude.

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Supposons un calorifère de forme quelconque. On établit dans la partie réservée à l’eau et à l’aide de deux cloisons verticales, un compartiment hermétiquement clos. Ce compartiment communique avec l’une des extrémités de l’un des tubes qui passent sous les charbons; on choisit un tube près du fond et on bouche l’autre extrémité de ce tube pour que l’eau du calorifère n’y entre point; quant au autres, ils communiquent avec le compartiment où est l’eau, de telle sorte qu’il n’y en a qu’un seul, celui qui communique avec le petit compartiment, qui, par la combustion des charbons, engendre de la vapeur.

Par le moyen d’un tube qui traverse la paroi supérieure du calorifère, cette vapeur est portée jusqu’à la bouche de l’animal et de là sur les charbons, car la figurine est disposée de manière à souffler de haut en bas; et l’animal souffle tant qu’il y a production de vapeur.

C’est le feu qui produit le souffle. Si nous versons dans le petit compartiment une petite quantité d’eau nous produirons une plus grande quantité de vapeur, et, comme dans le cas des chaudières placées sur le feu où nous voyons monter la vapeur qui provient de l’eau, la figurine soufflant avec violence, embrasera encore plus le calorifère.

La figurine doit être rendue mobile à l’aide d’un tube qui entre à frottement dans un autre tube. Nous pourrons ainsi introduire la petite quantité d’eau; de plus, quand nous ne voudrons pas que la figure souffle sur les charbons, nous pourrons la retourner de l’autre côté.

Sur la paroi supérieure, on place également une petite coupe, d’où part un tube qui descend jusqu’au fond du calorifère, afin que l’eau que nous y versons puisse aller jusqu’au fond. Pour que la chaudière puisse être remplie quand on verse de l’eau et qu’en même temps l’eau ne puisse s’en échapper en bouillonnant par-dessus, il faut faire passer à travers la paroi un autre tube qui se déverse dans la coupe, et à sa partie intérieure pour qu’on ne l’aperçoive pas.

Nous allons maintenant exposer la construction de cette chaudière.

Établissons un cylindre creux dont AB soit la surface inférieure, ΓΔ la face supérieure; construisons un second cylindre avec le même axe que le premier, dont EZ et ΗΘ soient les surfaces inférieure et supérieure. [Dans l’espace annulaire compris entre les deux cylindres, fixons des plaques comme pour maintenir ces cylindres ensemble et couvrons cet espace annulaire]. Dans le cylindre ΕΖΗΘ on place les tubes OK, ΛΞ, MN: le tube ΛΞ est ouvert d’un seul côté, en Ξ ; les deux autres sont percés à chaque extrémité, et leurs orifices s’ouvrent dans l’espace qui sépare les cylindres. Dans ce dernier espace, on place deux cloisons EH, ΖΘ, qui isolent le compartiment ΗΘΕΖ, dans lequel débouche le tube ouvert d’un seul côté dont il a été parlé. Sur le couvercle, c’est-à-dire sur ΗΘ, on place un petit tube auquel est fixée la figurine; celle-ci, percée d’outre en outre, communique avec le tube et doit être inclinée de haut en bas de manière à regarder dans les charbons. Pour qu’elle cesse de souffler à volonté, le tube qui la porte doit entrer à frottement dans un autre de telle sorte que, quand on la tourne en sens contraire, elle ne souffle plus sur les charbons, mais du côté opposé à la chaudière. Cette disposition nous sera également utile pour verser de l’eau dans le compartiment ΗΖΕΘ, car, en enlevant la figure du tube dans lequel elle est enfoncée, on peut y verser de l’eau, et il passera alors une plus grande quantité de vapeur par la figurine.

Sur le couvercle on pose une coupe ΡΣ ; qui communique avec l’intérieur, et dont le fond est adapté à un tube qui descend jusqu’au fond de la chaudière, en laissant toutefois un passage pour l’eau. Quand on désire faire sortir de l’eau chaude, on verse par ΡΣ de l’eau froide; celle-ci descendra par le tube qui pénètre dans le compartiment à eau chaude; l’eau chaude montera et passera par le robinet A placé sur le pourtour de la partie supérieure, car l’eau froide que l’on vient d’introduire n’a encore pu se mélanger avec l’eau chaude qui est au-dessus. Aussi souvent que cela sera répété, nous obtiendrons de l’eau chaude en remplacement de celle que nous verserons froide.

Pour savoir quand la chaudière est prête à déborder, on place un évent, percé d’outre en outre, sur la face supérieure où l’on a fait un trou : ce sera un petit tube tourné vers la coupe ΡΞ, pour que, si l’eau chaude s’élève, elle soit envoyée dans la coupe.

Telle est la construction de la chaudière. Si on ne veut pas occuper le compartiment ΖΗΕΘ dans toute sa longueur mais seulement en partie, on fera les cloisons à mi-hauteur et on en placera une autre au-dessus, à travers laquelle on fera passer un tube qui monte jusqu’à la figurine. Quand le feu sera allumé, il s’élèvera un jet de vapeur de la petite chambre, dans laquelle on pourra verser de l’eau comme ci-dessus.

Construction analogue où l’on peut produire [en outre] le son de la trompette et le chant du merle.

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On fait un calorifère semblable au précédent, dans lequel tous les tubes placés dans le foyer sont percés aux deux bouts; en dehors du foyer on place un tube femelle ΦΕ dans lequel est ajusté è frottement un tube mâle ΚΛ qui communique avec une chambre à air chaud et qu’on peut faire tourner à l’aide d’une clavette K. Ce tube est percé de trois trous M, N, Ξ ; trois trous sont également percés dans le tube ΦΕ en face de M, N et Ξ. Prés de Ξ on établit un support qui contient un tube relié à ce trou Ξ, et sur lequel on dresse une figurine analogue à celles que nous avons décrites plus haut. De M et de N partent deux tubes MO et ΝΠ, recourbés à leurs extrémités supérieures, qui viennent se souder à des trous percés dans le couvercle du calorifère. A travers ces trous passent d’autres tubes entrant à frottement dans les tubes P et O. Sur un de ces tubes on place un petit oiseau creusé à l’intérieur de façon à pouvoir contenir de l’eau. Le tube sur lequel est fixé l’oiseau est recourbé et pourvu d’un tuyau à anche, choisi de manière à produire les sons voulus; sa partie recourbée pénètre dans l’eau de manière à produire le chant du merle quand le son du tuyau s’effectue dans l’eau.

De même le tube ΝΠ reçoit à frottement un autre tube sur lequel on place une figurine en forme de triton ayant une trompette à la bouche. Le tube sur lequel est placé le triton est de plus muni, comme d’ordinaire, d’une anche et d’un pavillon. Lorsque la vapeur atteint ces pièces elle produit le son de la trompette. On cherchera par tâtonnement quand les trous du tube KL se trouveront en face des trous des tubes MO et ΝΠ ou du tube Ξ qui supporte la figure. Cela connu, on fera des marques correspondantes près de la clavette ΚΛ afin de pouvoir à volonté faire sonner la trompette, souffler la figure ou siffler le merle. Les dispositions relatives à la coupe et à la montée de l’eau chaude sont celles qui ont été décrites plus haut. 


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