Les pratiques de la magie dans la littérature latine

Chez les Romains, il semble qu'à l'origine certaines prières archaïques ressemblaient fort à des incantations magiques, trahissant la conviction qu'on pouvait commander aux dieux. Mais la prière silencieuse et tacite a toujours attiré la réprobation car on y voyait le projet d'un envoûtement personnel d'une personne déterminée : dès la Loi des Douze Tables, (premier code juridique romain, établi vers -450) le recours aux pratiques de la magie fut interdit. En -81 parmi les lois prise par L. Cornelius Sulla figure une loi "de sicariis et veneficiis" punissant le commerce des poisons et les pratiques magiques. Ces "défixions" effrayaient beaucoup les Romains.

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C'est pourquoi à leur tour, les auteurs latins se sont emparés du thème de la magie et ont complaisamment évoqué les procédés utilisés par les sorcières. Chez eux aussi, nous ne trouvons que des sorcières, pas de sorciers. Nous procéderons par ordre chronologique car la position des auteurs vis-à-vis de la magie ne s'est pas exprimée toujours de la même façon.

Virgile, le premier semble-t-il, s'est inspiré de la deuxième idylle de Théocrite dans une de ses Bucoliques (la 8ème). Dans ce texte un berger raconte l'histoire d'une pauvre paysanne qui veut ramener à elle l'infidèle fiancé qu'elle aime. Cette paysanne, aidée elle aussi par sa servante (comme chez Théocrite) utilise tous les procédés magiques, essentiellement des incantations (carmina), une defixio, des herbes et des poisons (Virgile, Bucoliques). Mais ce n'est pas une magicienne de profession ; elle est même épouvantée par les forces qu'elle vient de déchaîner contre son fiancé.

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En revanche, Canidie, dont nous parle le poète Horace à plusieurs reprises, est une véritable sorcière dont on peut penser qu'elle n'est pas née de l'imagination du poète. C'était peut-être, dit-on, une parfumeuse napolitaine... Elle hantait à Rome, en compagnie d'autres sorcières, le quartier de l'Esquilin, proche du Quirinal, dont une partie servait de cimetière pour les esclaves et les pauvres gens. Même une fois transformé en parc par les soins de Mécène, ce quartier restait peu fréquenté et donc propice aux agissements des sorcières. Nous retrouvons là les scènes d'évocation des morts ou les scènes d'envoûtement (Horace, Satires). Dans un autre texte nous pouvons même assister à un véritable drame qui se passe, lui, à Subure, quartier mal famé au pied du Quirinal et de l'Esquilin. Pour reconquérir son vieil amant, Canidie n'hésite pas à sacrifier un enfant (d'après une inscription, ce sacrifice serait vraisemblable tant les pratiques de la magie se répandaient à l'époque augustéenne) (Horace, Épodes). La scène se passe, bien sûr, la nuit avec pour auxiliaire Diane, confondue avec Hécate (Horace, Épodes).

S'il est vrai que les pratiques de la magie se répandaient, à l'époque augustéenne, dans les quartiers chauds de la capitale (l'Esquilin et Subure), ces pratiques touchaient surtout le milieu populaire car la magie met à profit des connaissances essentiellement empiriques.

Magiciennes et sorcières connaissaient bien, par exemple, le pouvoir de certaines herbes (et ceci est vrai de tous les temps et de tous les pays) dont le suc ou les panicules floraux contiennent des substances hallucinogènes, euphorisantes ou excitantes (ou peut citer le datura, la belladone ou l'armoise), substances qui entraînent facilement une modification du psychisme.

D'autre part le rôle du rhombe (chez les Grecs l'iynx) est, lui aussi, facile à expliquer : le tournoiement de cette roue crantée où s'enfilaient deux fils liés à leur extrêmité, fascinait l'oeil et son vrombissement endormait l'oreille, créant ainsi comme un phénomène d'hypnose.

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On peut alors se demander si les intellectuels de l'époque croyaient, eux, à l'efficacité de la magie. Les dames de haut rang craignaient sans doute de voir leurs amants séduits par les prostituées de Subure et accusaient celles-ci de recourir à la magie si elles voyaient leurs amants se détacher d'elles. C'est ce qui expliquerait les allusions nombreuses à la magie que nous rencontrons chez les poètes élégiaques, comme Tibulle (Tibulle, Élégies) ou Properce (Properce, Élégies). Mais il faut noter que ni l'un ni l'autre ne décrit le déroulement d'une véritable séance de magie (contrairement à ce que l'on a vu chez Virgile ou Horace), ce qui tendrait à faire penser qu'ils ne l'évoquent que par plaisanterie ou humour, opposant spirituellement, a-t-on pu dire, le bonum carmen de la poésie aux carmina mala de la magie et à ses pratiques douteuses.

C'est sans doute aussi l'attitude d'Ovide qui n'invoque la magie que sur le ton d'un esprit rationaliste et sceptique. Il ne croit pas, par exemple, aux pouvoirs des procédés magiques en matière amoureuse : Circé ni Médée, pourtant magiciennes confirmées! , n'ont pu retenir leur amant (Ovide, Art d'aimer). L'amour, en effet, ne se gagne pas par des pratiques de magie mais par la personnalité et la beauté. Malgré tout, la magie occupe une place importante dans les Métamorphoses, mais à titre de symbole : elle permet d'exprimer, de façon imagée, la force démoniaque des passions. Ainsi Junon, voulant se venger d'Athamas et de sa femme Ino qui ne lui rendent pas le culte qu'elle estime lui être dû, charge l'Érinye Tisiphone de les rendre fous au point de tuer leurs propres enfants (Ovide, Métamorphoses). Circé, dédaignée par le dieu marin Glaucus, qui lui préfère Scylla, se déchaîne contre sa rivale en usant des procédés magiques habituels : herbes vénéneuses, incantations, litanies, etc. (Ovide, Métamorphoses).

De même, lorsqu'elle aperçoit le beau roi d'Ausonie, Picus, le désir s'éveille en elle de façon irrépressible ; elle use alors de magie pour le rencontrer seule à seul (Ovide, Métamorphoses), puis, refusée par Picus qui reste fidèle à sa femme, elle se venge immédiatement de lui en le transformant en pivert malgré l'intervention de ses compagnons (Ovide, Métamorphoses).

Mais en faisant ces récits, Ovide ne décrit jamais des scènes pénibles de magie. Même lorsqu'il évoque le parcours d'une Médée, il s'efforce d'éviter les détails sinistres ou sanglants et parsème son récit de pauses plus ou moins souriantes (Ovide, Métamorphoses) ; l'égorgement de Pélias, pourtant plus réaliste, est précédé du rajeunissement d'un très vieux bélier en.... agneau nouveau-né ; or, pensons-nous d'emblée, comment ce vieillard pourra-t-il redevenir un nouveau-né ? (ce n'était pas le cas d'Éson, rajeuni par Médée).

L'humour trouve là sa place, incontestablement.

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Donc, dans toutes ces métamorphoses, nous sentons un procédé littéraire plus qu'une description technique de pratiques magiques. La preuve en est qu'Ovide aime aussi à retracer des métamorphoses à l'envers, c'est-à-dire le retour à leur état normal d'êtres auparavant métamorphosés : c'est le cas des compagnons d'Ulysse que Circé ramène progressivement à leur forme humaine (Ovide, Métamorphoses), ou celui d'Io, aimée de Zeus et longtemps condamnée par Junon à errer dans le monde sous la forme d'une génisse (Ovide, Métamorphoses) : la description s'attarde complaisamment et comme avec un sourire sur la réapparition des formes humaines. La magie exerce donc là une séduction surtout poétique et l'on pourrait songer à faire un rapprochement avec les pouvoirs magiques du poète-musicien Orphée.

Nous changeons totalement d'époque et d'atmosphère quand nous abordons un autre personnage de sorcière, dont l'influence s'est fait longtemps sentir : il s'agit de la sorcièreÉrichto, sorcière thessalienne (rappelons que, dans la tradition, la Thessalie est le pays par excellence des sorcières) que Lucain a mise en scène au livre VI de son épopée laPharsale (env. 60 ap. J.-C.) dans une scène difficilement soutenable de nécromancie. Peu de temps avant la bataille décisive de Pharsale (en 68) entre César et Pompée, le fils de ce dernier, Sextus, consulte la sorcière Érichto pour connaître le sort de la bataille. Lucain met d'abord le lecteur en condition par une description du pays et une longue énumération des pouvoirs communs à toutes les magiciennes thessaliennes (Lucain, Pharsale). Érichto est présentée ensuite comme très supérieure dans sa pratique de la magie à ses compatriotes. Son aspect sinistre (Lucain, Pharsale) prélude à ses horribles agissements à l'égard des cadavres et des tombeaux (Lucain, Pharsale). Vient enfin la consultation elle-même, qui se déroule évidemment en pleine nuit. Pour répondre à la demande de Sextus, Érichto choisit un cadavre, parmi ceux des soldats tués au cours d'escarmouches précédentes qu'elle forcera ensuite à révéler l'avenir ; mais auparavant, elle se livre à toute une série de pratiques impressionnantes (Lucain, Pharsale), insulte même les divinités infernales qui tardent à délivrer le soldat de la mort (Lucain, Pharsale). Enfin celui-ci reprend vie et la Thessalienne lui promet, s'il dit la vérité, qu'il ne sera plus jamais importuné dans la mort par des pratiques magiques (Lucain, Pharsale). Le cadavre ressuscité révèle alors à mots couverts la défaite de Pompée et celles de ses fils mais aussi la mort de César. Après ces quelques paroles, le soldat retourne au royaume des morts et la sorcière brûle son corps.

Tout ce long passage, qui remplit la moitié du chant VI de l'épopée, prouve que le public auquel Lucain s'adressait croyait à la magie et la pratiquait souvent. On peut même penser, vu la précision des détails, que Lucain la connaissait personnellement très bien et que peut-être même il s'y était adonné.

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Nous terminerons ce panorama de la magie dans la littérature latine par une lecture d'Apulée (environ 125-170). Originaire d'Afrique du Nord, il fit des études supérieures de philosophie à Athènes puis à Rome avant de retourner à Carthage où, sans doute, il mourut. Au milieu du siècle il fut accusé de divination magique et d'envoûtement érotique pour obtenir la main d'une riche veuve. Il s'en défendit dans une brillante Apologie. Mais son chef-d'oeuvre est un roman en onze livres, Les Métamorphoses ou l'Âne d'or, qui répond à l'attente du public de l'époque des Antonins pour les "mirabilia" (= choses extraordinaires) qui se rattachent à la tradition des fables milésiennes, sorte de fictions littéraires ne relevant d'aucun genre précis et dont l'origine remontait à un certain Aristide de Milet (env. au 1er siècle avant J.-C.) ; de plus, l'essor des mystiques orientales, notamment égyptiennes, rénovait les promesses de l'art magique : les pratiques magiques et les rituels religieux se confondent alors plus ou moins.

Le jeune (et beau) Lucius, qui raconte lui-même ses aventures, voyage en Grèce ; obsédé par les mystères de la magie, il se rend en Thessalie, province célèbre par ses magiciennes (Apulée, Métamorphoses). Il y a, en effet, un "modèle thessalien" de la magie : utilisation d'herbes nocives, pouvoirs aphrodisiaques, pouvoirs de dérèglement cosmique, nécromancie, résurrection des morts. Nous allons, de fait, retrouver toutes ces pratiques dans les Métamorphoses. Lucius loge, à Hypate, en Thessalie, chez un certain Milon dont la femme, Pamphile, a des pouvoirs de magicienne (Apulée, Métamorphoses) ; cette Pamphile s'éprend facilement, rapidement et follement dès qu'elle voit un beau jeune homme ; c'est ainsi qu'elle charge un jour sa servante, Photis, de recueillir des cheveux qu'on vient de couper à un bel éphèbe blond ; la servante ayant été chassée par le coiffeur, donne à sa maîtresse des poils d'outres de chèvres : aussi la cérémonie ne "marche"-t-elle pas ! (Apulée, Métamorphoses, ). Notre Lucius, qui n'a pas peur, séduit Photis et lui demande de le faire assister à quelque opération pratiquée par sa maîtresse. Il assiste ainsi, éberlué, à la transformation de Pamphile en hibou grâce à une certaine pommade magique (Apulée, Métamorphoses). Il supplie alors Photis de lui procurer cette pommade pour devenir, lui aussi, oiseau ou, plutôt Cupidon ailé lui-même! Dans sa hâte, Photis se trompe de boîte et voilà notre beau jeune homme, bien pommadé, transformé... en âne! (Apulée, Métamorphoses) Il fera alors, tout en gardant son esprit critique, l'apprentissage de la vie misérable des animaux. Des brigands l'emmènent et le font participer à leurs méfaits ; dans la caverne où ils cachent le produit de leurs vols, ils amènent un jour une belle jeune fille éplorée à laquelle une vieille femme, pour la consoler, narre l'histoire de Psyché dont Cupidon est tombé amoureux et qu'il a emmenée dans son palais ; mais il ne vient que la nuit et jamais Psyché ne peut voir son amant ; poussée par une curiosité funeste, elle découvre, à la lumière d'une lampe, pendant qu'il dort, l'identité de celui qui l'aime ; mais une goutte d'huile tombe de la lampe sur le corps de Cupidon qui s'enfuit et abandonne Psyché. Celle-ci ne retrouvera Cupidon qu'après bien des épreuves et sur ordre de Jupiter, qui la rendra immortelle. L'âne-Lucius s'enfuit avec la jeune fille puis se trouve successivement au service d'un meunier, d'un jardinier, d'un soldat, d'un pâtissier et d'un cuisinier qui en font un âne savant qu'on montre en spectacle. Écoeuré, Lucius finit par se sauver. Pendant toutes ses aventures il recherche en vain les roses qu'il doit brouter pour retrouver sa forme humaine. Grâce à la déesse Isis, dont le prêtre, au cours d'une cérémonie, offre une couronne de roses à brouter à Lucius, celui-ci recouvre enfin sa forme d'homme (Apulée, Métamorphoses). Il deviendra alors membre de la "sainte milice" des initiés au culte isiaque.

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Au cours des aventures de Lucius nous rencontrons, outre Pamphile, une autre magicienne, Méroé. Elle a des pouvoirs cosmiques (Apulée, Métamorphoses) ; ses incantations transforment en animaux ceux qui ont eu le malheur de lui déplaire (Apulée, Métamorphoses) ; elle inflige une mort différée à un amant qui la délaisse (Apulée,Métamorphoses).

Enfin, nous assistons à une scène de nécromancie et de résurrection des morts. Au début de son voyage en Thessalie, Lucius a rencontré un certain Thélyphron qui lui a raconté sa mésaventure ; il gardait le cadavre d'un jeune homme, dont on avait constaté l'intégrité physique, mais il fut endormi par une magicienne qui avait pris la forme d'une belette. À son réveil, il assiste à l'enterrement du jeune homme, lorsque le père de celui-ci, persuadé que son fils a été assassiné, invite un prêtre égyptien à ressusciter le mort pour le faire parler. Le jeune homme révèle alors qu'il a bien été assassiné et que son gardien a été mutilé à son insu (Apulée, Métamorphoses). Il faut remarquer qu'ici la nécromancie est utilisée pour obtenir la vérité : il s'agit donc d'une magie bienfaisante.

Les Métamorphoses se terminent sur la toute bonté de la vraie magie : Isis apparaît comme la médiatrice qui concilie magie et religion. Du reste, elle se présente elle-même comme une grande magicienne (Apulée, Métamorphoses). Ce dénouement édifiant montre que les puissances divines sont seules capables de préserver l'homme de toutes les embûches, voire de prolonger sa vie (Apulée, Métamorphoses), contrairement aux entreprises criminelles des sorcières thessaliennes. Mais il ne faut pas croire pour autant que les Métamorphoses se terminent sur une note mystique. La "scène" (scæna est un terme de théâtre) de la nécromancie évoquée plus haut ne s'obtient qu'après versement au prêtre d'une somme d'argent importante, d'une part, et, d'autre part, le jeune homme est brutalement invité à parler ; de même, au moment du retour à la forme humaine de Lucius, il y a un contraste comique entre le geste pudique de Lucius et l'air extasié du prêtre. Ces détails tendent donc plutôt à faire préférer une interprétation ironique et amusée des scènes présentées, à un procédé littéraire.

Le seul "mysticisme" que l'on pourrait voir dans ce dernier épisode (c'est une explication que l'on a proposée) serait d'un autre ordre que religieux. On a remarqué, en effet, que Lucius désirait avoir des ailes comme Cupidon ; or ce dieu est une figure centrale (dans l'épisode de Psyché) où il est présenté non seulement comme le dieu de l'amour, mais comme le dieu de la Beauté. Le ravissement de Psyché découvrant la beauté de Cupidon pourrait être celui de Lucius qui s'exprime devant tous les beaux spectacles qu'il rencontre (chevelure de Photis, palais de Cupidon, site de la caverne des brigands, etc.). Cette extase devant la Beauté aurait des résonances platoniciennes. Lucius s'est laissé induire en erreur et corrompre par la mauvaise magie avec ses recettes prétendument merveilleuses (d'où sa transformation en âne) ; mais sous sa peau d'âne, grâce à la réminiscence du Beau, il a fini par reconnaître son erreur, vaincre le maléfice avec l'aide de la déesse qui détient les vrais secrets des choses (d'où son initiation).

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Nous pouvons donc dire, en conclusion, que la magie occupe une place assez importante dans la littérature latine, mais comment y est-elle présentée ? À l'époque républicaine et sous l'empire julio-claudien elle semble d'abord cantonnée dans les milieux populaires ; puis peu à peu elle envahit les classes supérieures de la société. Les écrivains, eux, qui en évoquent les pratiques, traitent cette magie avec scepticisme, humour ou s'en servent comme procédés littéraires pour évoquer la force des passions ou traduire un engagement politique (songeons à Lucain). Néanmoins l'exemple d'Érichto chez Lucain prouve à quel point les pratiques de la magie étaient devenues communes et combien la vie religieuse quotidienne faisait appel aux sorciers, devins, astrologues et mages de toutes sortes. Le vieil animisme romain y trouvait son compte : alors que tout ce qui subsistait de la magie primitive avait été édulcoré par la réglementation des Pontifes, les cultes orientaux et la magie libéraient de ces contraintes les esprits avides de "mirabilia" et d' "insolita". On en trouve aussi le reflet dans l'oeuvre d'Apulée.

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