Orgue hydraulique

Construction d’un orgue hydraulique.

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Soit ΑΒΓΔ un autel de bronze contenant de l’eau; soit encore, dans cette eau, un hémisphère creux renversé, qu’on appelle éteignoir, ΕΖΗΘ, laissant un passage pour l’eau tout autour de son fond et du sommet duquel deux tubes, qui sont en communication avec son intérieur, s’élèvent en dehors de l’autel. L’un de ces tubes ΗΚΛΜ se recourbe à l’extérieur et communique avec une pyxide ΝΞΟΠ dont l’ouverture est en bas et dont la surface intérieure est alésée de manière à recevoir un piston ΡΣ qui doit joindre très exactement pour ne point laisser passer l’air. A ce piston on fixe une tige ΤΥ extrêmement forte à laquelle est adaptée une autre tige ΥΦ mobile autour d’une goupille en U ; ce levier doit se mouvoir sur une tige verticale YC solidement fixée. Sur le fond de la pyxide ΝΞΟΠ on place une autre petite pyxide Ω qui communique avec la première et qui est fermée à la partie supérieure par un couvercle percé par un trou de manière à permettre à l’air de pénétrer dans la pyxide; sous le trou de ce couvercle, et pour le fermer, on dispose une plaque mince soutenue au moyen de quatre chevilles qui passent à travers des trous de la plaque et qui ont des têtes pour empêcher la plaque de tomber; on appelle cette plaque Platysmation.

L’autre tube Z Z’ monte de l’hémisphère ZH; il aboutit à un tube transversal A’B’ [sommier] sur lequel s’appuient des tuyaux communiquant avec lui, ayant à leurs extrémités comme des embouchures de flûte qui communiquent elles-mêmes avec ces tuyaux et dont les orifices B’ sont ouverts. Transversalement à ces orifices, des couvercles percés de trous [registres] glissent de telle manière que, quand on les pousse vers l’intérieur de l’orgue, leurs trous correspondent aux orifices des tuyaux, et que, quand on les retire, la correspondance n’existant plus, les tuyaux soient fermés.

Si maintenant on abaisse en Φ la tige transversale [ΥΦ], le piston ΡΣ se relèvera et comprimera l’air de la pyxide ΝΞΟΠ et cet air fera fermer l’ouverture de la petite pyxide au moyen du platysmation décrit plus haut. Il passera alors au moyen du tube ΜΛΚΗ dans l’éteignoir; puis de l’éteignoir, dans le tube transversal A’ B’ par le tube z z’, et enfin, du tube transversal dans les tuyaux, si leurs orifices correspondent aux trous des couvercles, ce qui aura lieu quand tous les couvercles ou seulement quelques-uns d’entre eux auront été poussés vers l’intérieur.

Pour que, quand on veut faire résonner certains tuyaux déterminés, leurs orifices soient ouverts et pour qu’ils soient fermés quand on veut faire cesser le son, on emploiera la disposition suivante.

Considérons isolément une de ces embouchures placées à l’extrémité

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: soient γδ cette embouchure, δ son orifice, e le tuyau de communication, rs le registre qui y est adapté, et enfin η le trou de ce registre qui, en ce moment, ne coïncide pas avec le tuyau ε. Soit maintenant un système articulé composé de trois tiges ζθ, αμ, βμ, la tige ζθ étant attaché au couvercle ρσ et l’ensemble du système se mouvant autour d’une goupille γμ.

On voit que si nous abaissons avec la main l’extrémité βμ du système vers l’orifice des embouchures, nous ferons marcher le couvercle vers l’intérieur, et lorsqu’il y sera arrivé, son orifice coïncidera avec l’orifice du tuyau. Pour que, en retirant la main, le couvercle soit spontanément ramené vers l’extérieur et ferme toute communication, on peut employer l’un des moyens suivants. Au-dessous des glossocomes on établit une règle égale et parallèle au tube A’B’, à laquelle on fixe des lames de corne solides et recourbées telles que ζμ qui se trouve en face de une cordelette est fixée au bout de cette lame de corne et va s’enrouler à l’extrémité θ, de telle sorte que quand le registre est ramené vers l’extérieur, la cordelette soit tendue. Si alors on abaisse l’extrémité βμ et qu’on pousse ainsi le registre à l’intérieur, la cordelette tirera sur la lame de corne et la redressera; mais dès qu’on cessera la pression, la lame reprendra la position primitive et tirera en arrière le couvercle, de manière à empêcher son orifice d’établir la communication. Cette disposition étant adoptée pour chacune des embouchures, on voit que, pour faire résonner l’un quelconque des tuyaux, il suffira d’abaisser la touche correspondante avec le doigt; quand, au contraire, nous voudrons faire cesser le son, nous n’aurons qu’à élever le doigt et l’effet se produira par le déplacement du couvercle.

On verse de l’eau dans le petit autel afin que l’air comprimé (celui qui est chassé de la pyxide ΝΞΟΠ) puisse, grâce à la pression de cette eau, être contenu dans l’éteignoir et alimenter ainsi les tuyaux.

Le piston ΡΣ, quand il est levé, chasse donc l’air de la pyxide dans l’éteignoir, comme cela a été expliqué; puis, quand il est abaissé, il ouvre le platysmation de la petite pyxide; par ce moyen la pyxide [ΝΞΟΠ] se remplit d’air venu du dehors, que le piston, relevé de nouveau, chasse encore dans l’éteignoir.

Il vaudrait mieux rendre la tige ΤΥ mobile en T autour d’une clavette et fixer au fond ΡΣ du piston une bride à travers laquelle passerait cette clavette de telle façon que le piston n’ait pas de mouvements latéraux, mais qu’il monte et descende d’aplomb.

Construction d’un orgue qui fait résonner des tuyaux quand le vent souffle.

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Soient A les tuyaux, ΒΓ le tube transversal qui communique avec eux, E un tube vertical, EZ un autre tube horizontal mettant en communication ΔΕ avec la pyxide ΗΘ dont la surface intérieure est alésée de manière à y ajuster un piston ΚΛ qui doit pouvoir s’y mouvoir librement. A ce piston on ajuste une tige ΜΝ et à celle-ci une autre tige ΝΞ mobile à l’extrémité d’un axe ΠΡ. En N est une clavette jouant facilement et en Ξ est fixée une palette ΞΟ. Celle-ci est placée à portée d’une barre Σ mobile sur des pivots en fer placés sur un bâti qui peut être changé de place. Sur la barre Σ sont calés deux petits disques Υ et Φ : le premier est muni de cames placées près de la palette ΞΟ ; le second a des ailes semblables à celles des moulins à vent. Quand ces ailes, mues par le vent, font tourner le disque Φ, la barre tourne aussi, entraînant dans son mouvement le disque Υ et ses cames qui, venant à frapper sur la palette, soulèvent le piston; quand une came est dégagée, le piston redescend, chasse l’air de la pyxide ΗΘ dans les tubes et les tuyaux et produit le son.

On peut faire mouvoir le bâtis qui soutient la barre de manière à profiter toujours du vent régnant et à produire ainsi un mouvement de rotation plus rapide et plus continu. 

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