La magie d'Isis

C'est toi la Maîtresse de la terre (…)
Tu as rendu le pouvoir des femmes égal à celui des hommes
Hymne à Isis, Papyrus d'Oxyrhinchos n°1380, IIe s. av. J.-C.

Le culte

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Sœur et épouse d'Osiris, mère d'Horus, Isis est devenue, à la Basse Époque, la plus importante déesse du panthéon égyptien.

Probablement originaire de Bouto, dans le Delta, elle est déjà citée dans les Textes des Pyramides avec ses caractéristiques essentielles : la mère d'Horus et le trône. Pourtant, malgré l'extrême antiquité du mythe auquel elle appartient, elle n'a pas toujours occupé une place de choix dans les sanctuaires et dans les foyers. Peut-être est-ce dû au caractère secret des grands Mystères osiriens.

C'est dans les derniers temps pharaoniques qu'elle s'impose dans toutes les classes de la société et qu'apparaissent sur les bords du Nil des sanctuaires dédiés à la déesse :

Le petit temple de Psousennès et Aménémopet à l'est de la pyramide de Chéops à Gizeh du début de la Troisième période intermédiaire.

L'Iseion, sanctuaire de Behbet el-Haggar dont les ruines actuelles datent de Nectanébo II et des premiers Ptolémées.

Le sanctuaire de la naissance d'Isis à Denderah.

Et surtout, le sanctuaire de Philae, unique en son genre.

Le culte d'Isis, la mère universelle, se répandit dans tout l'empire romain. Quand l'empereur Justinien fit fermer définitivement son temple principal à Philae en 537 ap. J.-C., Isis avait été récupérée depuis longtemps déjà par le culte marial, la représentation de la déesse donnant le sein à Horus ayant inspiré l'image des premières vierges allaitant de l'Égypte chrétienne.

Les différents aspects de la déesse

Son nom signifie "le trône" (aset) qu'elle porte comme déterminatif sur la tête :

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Elle est elle-même un trône quand elle tient l'enfant divin sur les genoux pour l'allaiter comme la représentent les figurations des époques tardives.

Au fil des siècles, elle va assimiler les personnalités de nombreuses déesses féminines, leur empruntant leur iconographie propre et allant jusqu'à se confondre avec elles.

Ainsi Isis partage avec Hathor, la déesse vache, l'aspect particulier de l'allaitement. Elle est alors représentée avec l'emblème des cornes de vache ou du disque solaire.

Dans les tombes, elle est identifiée à l'arbre, principalement le sycomore, qui apporte eau, ombre et nourriture et qui peut également abriter Hathor ou Nout.

Il lui arrive de porter les attributs de la lionne Sekhmet, de l'étoile Sothis (Sirius) qui amène l'innondation ou de Rénénoutet, déesse de la moisson. Avec sa soeur Nephthys, Neith et Selqit, elle forme un quatuor protecteur des morts.

Elle devient ainsi déesse des morts et protectrice de la vie dans l'au-delà ; elle incarne la fertilité agraire et veille sur le foyer ; elle protège la fonction royale et assure l'équilibre de l'univers.

À partir de la XIXe dynastie, les propriétés universelles d'Isis apparaissent de plus en plus au premier plan :

L'épouse affectueuse et pleine de sollicitude, l'admirable compagne d'Osiris qui sut le seconder, la veuve endeuillée, la mère divine, la nourrice, la persécutée qui doit perpétuer le culte de son époux vaincu par le mal, cacher et défendre son enfant de ses ennemis avant qu'il ne devienne adulte et enfin la combattante qui fait obtenir l'héritage paternel à son fils.
Arne Eggebrecht, L'Égypte ancienne, 1986, p. 278.

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Épouse fidèle même au-delà de la mort, c'est la contrepartie d'Hathor, dame de l'amour, déesse de la fécondité et de la féminité.

À l'époque ptolémaïque, elle est identifiée à des divinités étrangères comme Isis-Tychè ou Isis-Fortuna, déesse du hasard et du destin. Sa force d'amour est incarnée par Isis-Aphrodite.

Elle devient aussi gardienne du port d'Alexandrie et protectrice des marins en tant qu'Isis-Pharia.

La magicienne

Pour répondre à toutes ces fonctions, elle a besoin de la ruse et de la magie. C'est la magicienne par excellence, capable de repousser la maladie, de rendre vie mais aussi de provoquer la mort.

Alors qu'elle s'était réfugiée dans les marais du Delta pour y élever son fils (La naissance d'Horus), c'est par la magie qu'Isis sauva Horus, piqué par un scorpion. Elle est d'ailleurs invoquée pour soulager les piqûres et morsures des serpents et des araignées.

Parce qu'elle voulut apprendre le nom de (Le conte d'Isis et de Rê), mystérieusement secret, afin de disposer de la force magique de celui-ci, , elle façonna avec la terre et avec la salive du dieu solaire un serpent magique qu'elle déposa sur le chemin quotidien du dieu pour qu'il soit mordu. Elle proposa alors son aide à , accablé de douleur, pourvu qu'il lui dise son nom. Il se reconnut vaincu par Isis et lui confia son véritable nom à condition qu'elle jure de ne le communiquer qu'à Horus.

La geste d'Osiris

La geste d'Osiris est absolument complémentaire de l'action d'Isis sans laquelle le mystère de la résurrection ne pouvait s'accomplir ni l'héritage du père être remis en toute équité à son fils.

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