Le papyrus Westcar

g-q-papyrus-westcar-01.jpg

Il s'agit du plus ancien document découvert décrivant un spectacle de magie.

Le papyrus Westcar est une copie qui semble dater de l’occupation Hyksos, qui reprend un texte plus ancien, datant selon les expressions employées, de la XII° dynastie. Ce papyrus fut donné à Lepsius par Mrs Westcar en 1838, et se trouve depuis la mort du scientifique, au Musée de Berlin, sous le numéro 1033. Le style est simple, utilisant nombres de formules répétitives et contenant de nombreux termes issus de la langue du peuple.

Le papyrus est composé de différents contes que racontent les 9 fils du roi Kheops (Khoufou), pour tromper son ennui. C’est une sorte de récit à tiroirs, chaque récit étant indépendant des autres. Une partie du texte a été perdue, et il ne reste que trois contes et un chapitre complémentaire.

Le conte du prince Dédhefor, raconte que le magicien Djedi fut mandé à la cour pour distraire le roi. Après quelques tours de magie le roi interroge le magicien, qui dit savoir où sont écrits les secrets de Thot : dans un coffre du temple d’Héliopolis, mais seul le grand-prêtre est instruit de ces secrets. Puis le magicien prédit que trois fils naîtront de la femme du Grand Prêtre d’Héliopolis, après son union avec Râ, et que ces trois enfants règneront sur le trône d’Egypte. Alors que le roi s’attriste d’une telle nouvelle, Djedi lui répond : « Quelles sont tes pensées, ô roi ? Tu verras ton fils régner après toi, puis son fils. Mais après, un de ces enfants suivra ». Le roi exige alors d’être mis au courant de cette union, envisageant de l’empêcher.

Comme annoncé par Djedi, Râ rend visite à l’épouse du grand prêtre d’Héliopolis. Assisté d’Isis et Nephtys, de Meskhent et Heket, le dieu Khnoum forme les enfants et leur insuffle le souffle de vie. Isis, nomme chaque enfant (Ouserkaf, Sahoura et Kaka), Meskhent leur prédit à chacun un destin royal, et Khnoum leur donne la force.

Le texte se termine par le récit de l’enfance des trois enfants de Râ, dont Pharaon ignore la naissance. Un jour, après avoir été battue par l’épouse du grand-prêtre, une servante se réfugie chez Pharaon, et lui annonce la naissance de ces trois enfants, mais il ne peut plus agir, puisqu’il est trop tard.

Ce texte est clairement une justification du changement dynastique, en rattachant la V° dynastie directement au divin, ce qui justifie son accession au trône.

Mais, d’une façon générale, les contes égyptiens procèdent d’une intention politique, religieuse ou philosophique. Le genre didactique ne leur est pas tout à fait étranger. Ainsi, les Contes du Papyrus Westcar ci-dessus doivent légitimer la montée au trône des trois premiers rois de la Ve dynastie, présentés comme les fils du dieu-soleil. En proie à l’ennui, le roi Khéops, tout comme les despotes des contes arabes, demande à ses fils de le divertir en lui racontant des histoires ; lorsque vient le tour du prince Djedefhor, celui-ci cherche un certain Djedi, prestidigitateur et prophète qui annonce l’avènement des premiers souverains de la Vème dynastie. Cette pseudo-prédiction n’est qu’une justification a posteriori des faits.

« Comme la religion, la magie se propose de modifier l’ordre normal ou prévu des choses par des miracles ; mais là où le prêtre adresse des prières et des offrandes à des Êtres supérieurs appelés Dieux, le magicien use vis-à-vis de ceux-ci de la force ou de la ruse. Le prêtre supplie, le magicien commande : et comme l’expérience prouve que la force est plus efficace que la prière, il s’ensuit que chez les populations primitives le magicien a plus d’autorité encore que le prêtre. A moins que le prêtre, comme c’est le cas fort souvent en Égypte, ne soit lui-même un magicien qui condescende à mêler parfois la prière à ses objurgations. Dans toute société où la magie est en honneur, c’est un article de croyance universelle que tout être et toute chose sont animés d’un Esprit, analogue à celui qui meut le corps humain. Il n’y a rien dans la nature qui soit inerte, dépourvu de conscience ou de volonté ; tout être, tout objet peut agir pour ou contre les hommes et réciproquement le magicien peut avoir une action sur tout être et tout objet qu’il atteint dans leur corps et dans leur esprit. »

 

ani-pl3.jpg

L'Egypte, pour nous comme pour les spécialistes qui se sont voués à l'étude de son histoire, reste une grande énigme, quelque chose qu'on ne peut comprendre. Il nous faut alors chercher, non seulement à l'aide de notre raison mais aussi par d'autres voies, la cause de sa grande longévité en tant que civilisation. L'Egypte va se projeter, par l'intermédiaire des premiers maîtres initiatiques, jusqu'en Grèce, parvenant jusqu'à son siècle d'Or, d'où elle va passer à l'Empire romain ; ses éléments, par le canal de tous les peuples qui entrent en rapport avec l'Empire, vont parvenir, par le biais des alchimistes et des astrologues, jusqu'à nos jours.

Il est un fait franchement curieux que j'ai observé à plusieurs reprises. Quand on se rend au Louvre, au British Museum ou au Metropolitan, on se trouve avec une foule de touristes qui marchent derrière un guide ; et tandis que celui-ci avance en montrant les œuvres d'art, les gens parlent, conversent entre eux, se posent des questions... mais tout d'un coup, on cesse d'entendre ce murmure, le guide n'explique pratiquement plus rien et les gens cheminent en silence, regardent, observent... car ils sont arrivés dans la salle égyptienne.

Même au musée du Caire, on peut voir comment les gens entrent en touristes et comment, au fur et à mesure qu'ils progressent, qu'ils voient ces grandes masses, ces yeux étranges des statues de bois qui les regardent, ces métaux rares, ils baissent la voix, se taisent et pénètrent dans un sentier de mystère et d'énigme où ils se demandent en eux-mêmes ce qu'ils sont en train de voir.

Le destin, les Moires, la chance, comme on voudra appeler cela, m'ont permis de visiter beaucoup d'endroits dans le monde où l'on dit qu'une force métaphysique s'est concrétisée, et j'ai pu voir de quelle façon, en ce lieu qu'on appelle aujourd'hui Egypte, cette force métaphysique s'est concrétisée de telle sorte que non seulement elle a eu une immense continuité historique dans sa propre évolution, c'est-à-dire depuis ce qu'on pourrait appeler une Egypte archaïque ou prédynastique jusqu'à l'Egypte finale, à l'époque des Ptolémée et des Romains, mais aussi qu'elle a une influence encore aujourd'hui.

Pour parler de cette influence, il convient peut-être de définir (ou redéfinir) ce qu'est la magie.

Il est très difficile de définir quelque chose d'éminemment vital et spirituel chez certains.

Chacun de nous peut facilement définir n'importe quel objet matériel, mais si on devait définir ce que sont la vie, la mort ou l'amour, la question serait plus compliquée. On a beau, tous, savoir ce qu'est l'amour, chacun d'entre nous a sa définition, et le seul dénominateur commun serait ce qui différencie l'amour de la haine.

Aussi, quand on parle de magie, la première chose à faire est-elle de ne pas l'assimiler au fait de sortir un lapin d'un chapeau. Il ne s'agit pas là de magie, mais de prestidigitation, ou du souvenir de quelque chose qui est peut-être arrivé autrefois...Le terme magie (et donc magicien) a été repris par les prestidigitateurs de par le mystère historique de sa définition.

Il reste parfois, au sein des peuples, le souvenir de choses qui sont arrivées, tout comme ces souvenirs que nous gardons de notre enfance, et que nous ne pouvons pas situer avec exactitude, dont nous ne pouvons dire où ils ont commencé et où ils se sont terminés, et qui néanmoins influencent notre vie et encombrent jusqu'à notre expression et notre langage.

Ainsi, la magie n'est pas cet ensemble de faits plus ou moins extraordinaires, de prestidigitation, de choses plus ou moins étranges que l'on peut faire pour divertir le public.

La véritable magie, la seule qui soit, n'est pas faite pour divertir le public, car elle est la grande Science, l'esprit des choses, là où elles se trouvent réellement. Nous aimons l'art, la science, une façon de vivre, une manière d'être : à cet endroit, à ce croisement où se rencontrent nos amours, où se trouve le meilleur de nous-mêmes, où est le cœur de la vie, là est la magie. Voilà pourquoi je préfère me présenter comme "artiste prestidigitateur".

 Voilà la grande science, la connaissance, le cœur ésotérique de toutes choses ; la graine de tous les fruits, le moteur qui anime tous les mécanismes de l'histoire, ce que nous avons tous en nous, bien que nous ne sachions parfois pas le définir avec des mots et tout en sachant qu'il y a 50 % d'escroquerie dans l'ensemble.

Les Français l'appellent "charme" ; quant à nous, nous pouvons parler de sympathie, et d'autres l'appelleront de mille façons différentes. C'est ce que nous avons à l'intérieur de nous, par delà notre culture ou notre inculture, notre âge ou notre façon de nous habiller ; c'est ce qui est tout proche de notre cœur, de notre âme, ce qui nous permet de réaliser des prodiges, d'avancer dans la vie, de faire des choses ; ce qui nous permet, en quelque sorte, d'être ce que nous sommes. Là, au cœur de la vie de chacun d'entre nous, se trouve cette étincelle qu'est la magie.

Depuis le commencement des temps, depuis que l'humanité est l'humanité, il semble que cette étincelle que nous portons tous en nous, veuille, chez certains, les plus éveillés à la spiritualité, s'unir et se soumettre, afin de constituer une force spirituelle d'aide à tous les hommes.

Les textes anciens disent que les dieux nous ont aidés à l'obtenir ; que ces dieux, ou êtres supérieurs, sont venus vers les premiers hommes et leur ont donné cette étincelle, ainsi que la possibilité de s'en servir dans la science et dans l'art, de donner forme aux schémas culturels et civilisateurs et de rendre possible le contact avec l'invisible, au-delà de la périodicité historique.

Si on observe les faits religieux qui se sont succédés au long de l'histoire, on voit que l'homme, à un moment déterminé, s'agenouille devant un coquillage marin sur les côtes d'Afrique, par exemple, ou devant un os de crâne en Europe centrale, ou encore devant un obélisque en Egypte. Mais il s'agit là de formes extérieures. Il y a quelque chose d'antérieur à tout cela.

Les anciens livres disent qu'il y a des millions d'années, d'une certaine façon, la magie est venue dans le monde. Les hommes s'initièrent et ils furent adeptes de cette magie, de cette capacité de rencontrer toute chose, d'avoir la clé qui peut ouvrir les différentes portes de la Nature, en commençant par celles que nous possédons nous-mêmes.

C'est ainsi que l'homme a commencé à se connaître lui-même, à comprendre qu'il était quelque chose de plus qu'un peu de chair, qu'il était constitué de corps beaucoup plus subtils ; que l'univers n'était pas non plus un simple phénomène hostile, mais un macrobios, un grand être vivant et qu'il y avait une union physique et métaphysique entre l'univers, c'est-à-dire la partie que nous pourrions appeler extérieure à nous-mêmes et ce microcosme qu'est l'être humain.

C'est ainsi que naquirent les sciences, comme l'astrologie, par exemple, qui établit une relation entre les positions des astres et les personnes, au moment non seulement de la naissance mais de la conception et aussi ce qui peut leur arriver dans la vie, tout comme elle indique leur nature et leurs caractéristiques.

Peut-être avez-vous vu des camées dédiés à l'empereur Auguste. Auguste appartenait astrologiquement au signe de la Vierge, mais sur tous ses camées apparaît le symbole du Capricorne. En effet, dans l'Antiquité, on faisait l'horoscope du moment où la personne était conçue et un autre, secondaire, du moment où le cordon ombilical était coupé. En réalité, il existe aussi une troisième forme d'horoscope, qui se rapporte à l'individualisation de la personne, dans d'autres plans de conscience, il y a des millions d'années.

Ces anciennes magies furent transportées d'un lieu à un autre. Les anciens livres disent qu'autrefois, la terre avait une autre configuration ; ceci est prouvé aujourd'hui par des moyens scientifiques. Les continents, suivent les lois de l'équilibre isostatique. Ils se sont élevés, se sont abaissés, se sont déplacés et ont changé de nombreuses fois. De même, la relation avec l'écliptique a changé - l'écliptique est ce plan dans lequel les planètes tournent théoriquement autour du soleil - de telle sorte qu'aujourd'hui on trouve des restes de charbon dans l'Antarctique. De telle sorte que ce continent aujourd'hui gelé où ne poussent que des lichens, fut autrefois un lieu couvert de forêts peuplées de grands animaux, dont les restes se sont pétrifiés et ont fini par se transformer en charbon. Le monde a changé plusieurs fois de position par rapport au plan de l'écliptique et sa température aussi a changé plusieurs fois.

Les missions scientifiques françaises ont réussi à détecter, à partir des années cinquante, une série d'éléments au milieu de l'Atlantique, qui démontrent l'existence antérieure d'un continent. On a trouvé sous la mer, par exemple, des restes de lave pétrifiés au contact de l'air et aussi quelques restes de poissons d'eau douce.

Ainsi donc, à l'heure actuelle, l'existence de l'Atlantide en tant que continent est démontrée. Ce qui n'est pas démontré scientifiquement, tant parce que nous n'avons pas d'éléments matériels que parce que nous ne savons pas interpréter celui que nous avons, est l'existence d'une civilisation sur ce continent. Mais dès lors que même dans les petites îles du Pacifique, ou en n'importe quel lieu du globe, on trouve des hommes ayant peuplé les terres, on doit logiquement en déduire que, s'il y a eu un si grand continent à peu de kilomètres de ce qui est aujourd'hui l'Amérique et à peu de kilomètres également de l'Europe et de l'Afrique actuelles, ce continent a dû être peuplé lui aussi. De plus, ce continent est mentionné, avec des dates qui coïncident assez bien, tant par les peuples historiques d'Amérique, que par ceux d'Europe, d'Afrique et d'Asie ; ainsi, dans les livres de l'Inde, il apparaît sous le nom de Lanka, à savoir la Grande Ile.

On dit qu'au moment de la disparition de ce continent, ou au fur et à mesure qu'il disparaissait - puisque avant que Poséidonis ne s'enfonce, des milliers d'années de convulsion se sont écoulées durant lesquelles le grand continent mère a été détruit - les mystères, la magie, cette magie essentielle qui unit la Volonté (premier Rayon) avec la magie cérémonielle (septième Rayon), qui se transforme en harmonie par opposition (le quatrième Rayon, de couleur verte) furent transférés dans l'ancienne Egypte. Celle-ci, au demeurant, ne s'appelait pas ainsi, car "Egypte" est un mot dérivé d'un mot grec signifiant "lieu secret", "lieu des mystères".

Il semble que l'Egypte, selon ce que nous pouvons en percevoir, s'appelait Kem, la terre brûlée, la terre noire. Certains disent que c'est parce que le soleil brûlait la terre et d'autres que c'est parce que la boue du Nil, qui est sombre, est réellement à l'origine de Kem ou Egypte.

Aujourd'hui, ces vieilles traditions ont été confirmées. Nous savons que l'Egypte n'a pas toujours eu la même configuration géographique ; au contraire, dans sa partie nord, celle que nous connaissons comme le delta du Nil, et à partir de la dernière cataracte vers le Nord, l'Egypte s'est élevée à une époque relativement proche de la nôtre. Et ce que nous appelons le désert, Sahara en arabe, n'est rien d'autre que le fond d'une mer. C'est pourquoi on trouve encore dans son sable des fossiles de poissons et d'animaux marins. Les annales ésotériques disent que l'Egypte eut son origine il y a quelques soixante mille ans, avec les groupes initiatiques qui étaient dans la partie sud, à l'endroit où se trouvent Louxor, Thèbes, Abydos et d'autres villes ; la partie proche de la Nubie.

Au Nord, il y avait quelques îles, qui apparaissent encore comme telles au milieu du sable, où ont été érigés les mystérieuses pyramides et le sphinx.

Les livres disent qu'à l'intérieur de la grande pyramide se trouve le cartouche contenant les hiéroglyphes de Khéops, ce qui lui donnerait une date beaucoup plus récente. Ce que ne disent pas les livres, habituellement, c'est à quel endroit est situé ce cartouche. On ne trouve le dit cartouche sur aucune partie en pierre de la pyramide, mais sur les joints de plâtre des pierres de décharge de ce qu'on appelle aujourd'hui la chambre du roi. Ainsi, ce cartouche peut être bien postérieur. De plus, il y a un autre petit problème, c'est qu'il ne signifie pas non plus Khéops, mais Kem. On l'a interprété comme signifiant Khéops à partir des voyages d'Hérodote et d'autres Grecs, principalement Maneton, qui nous ont laissé les listes de ce que nous connaissons aujourd'hui comme dynasties royales, et des pharaons. Ainsi, nous ne devons cette interprétation à aucun document égyptien et, sauf à partir de l'Egypte des nouvelles dynasties, spécialement de la XVIIIe, il est très difficile d'établir et encore plus d'affirmer quoi que ce soit.

Ainsi donc, l'ancienne magie, l'ancienne connaissance intégrale, cette connaissance secrète, est passée par différentes mains pour arriver à l'Egypte historique, celle que nous pouvons connaître, au moins de façon relative.

Comment se produisit cette continuité dans le mystère ? Et comment cette magie a-t-elle perduré aussi longtemps ? Et de quelle façon ?

Il est très facile de dire que les Egyptiens, durant les premières dynasties, étaient pratiquement à un âge néolithique et que, tout à coup, ils ont construit les pyramides, les temples et tout le reste. Mais cela est complètement irrationnel. Les moyens scientifiques employés dans la Grande pyramide, par exemple, révèlent une perfection technique que nous ne pouvons atteindre qu'aujourd'hui seulement ; et peut-être même pas, car à mesure que l'homme avance, il découvre toujours plus de prodiges concernant cette construction colossale. Voyons un exemple.

Au siècle dernier, on admirait la pyramide pour son exactitude quand on lui appliqua les premiers théodolites; mais quand on lui appliqua le ruban d'Invar, on vit qu'elle était beaucoup plus précise. Aujourd'hui, on est arrivé à la mesurer avec des systèmes électroniques et on a découvert une exactitude encore supérieure. Ceci devrait nous surprendre et nous faire penser que dans le futur, peut-être, si nous découvrons des techniques supérieures à celles de maintenant, nous pourrons apprécier un niveau de perfection encore supérieur. Si nous remarquons que le seul revêtement comportait vingt-cinq mille blocs de pierre et que chacun d'entre eux avait la même perfection que celle d'un grand miroir parabolique tel que ceux utilisés pour les observations astronomiques, il est difficile de croire à un homme taillant la pierre à l'aide d'une autre pierre.

Ceux qui ont visité les ruines de Memphis (le peu qu'il en reste), ont peut-être vu un homme assis sur le sol taillant une pierre à l'aide d'une autre pierre. Cela fait de nombreuses années que cet homme est là avec la même pierre et quand les touristes passent, les guides affirment que toutes les pierres de Memphis ont été taillées ainsi. Franchement, les Egyptiens devraient toujours être à travailler sur le Mur des Cobras, surtout si l'on considère que la population de l'ancienne Egypte n'a jamais dépassé les douze à quatorze millions d'habitants.

La magie, donc, ne consiste pas à sortir un lapin d'un chapeau ou à faire apparaître en l'air une pièce de monnaie. La magie est un ensemble de connaissances qui embrasse aussi bien la métaphysique que la connaissance des incarnations antérieures, le contact avec l'âme ou encore le fait de savoir où se situent nos vertus et nos défauts, jusqu'à l'application ici et maintenant de l'aspect scientifique ou artistique. L'Egypte à travers cette magie, cette connaissance, a fait des prodiges. Par exemple, les Egyptiens coupaient la diorite - pierre dont la dureté ne peut être surpassée que par le diamant - comme du beurre.

220px-diorite.jpg

 

Il existe, au Metropolitan Museum de New-York, un grand canope où l'on voit que ce qui coupait la diorite - nous ne savons pas ce que c'est - avançait dix-sept fois plus vite que ne peut le faire un diamant, autrement dit avait une dureté dix-sept fois supérieure à celle du diamant. Mais il y a un problème : les Egyptiens ne connaissaient pas le diamant. Il y a un autre problème : on a fait une analyse spectrographique des coupes qui a fait apparaître du cuivre, or il est évident que le cuivre ne peut couper la diorite.

Le musée Rodrigo Caro détient un petit vase isiaque qui contenait de l'eau du Nil. Il est fait d'un alliage de cuivre, d'étain et d'autres matériaux qui donnèrent une sorte de bronze mais qui, soumis au tensiomètre, présente la dureté du fer. Voilà des échantillons de ce que l'on peut faire avec une connaissance intime de la nature.

Bien avant que l'on parle de physique nucléaire, quand on pensait que le monde était fait uniquement de molécules, quand on méprisait les théories des Grecs de l'époque de Démocrite, qui parlent d'atomes et même de ce qui est au-delà de ce que nous nommons atomes aujourd'hui, vu que "a-tome" signifie ce qui ne peut être coupé, les petites particules qui permettent que non seulement il puisse y avoir des différenciations entre les choses physiques mais encore que les éléments eux-mêmes puissent être transmutés et changés, l'ancienne alchimie existait déjà. Certains font dériver ce mot d'un mot arabe al kimiya et d'autres de l'ancien nom de l'Egypte Kem ou Kemur, ce qui est brûlé, ce qui est noir.

Nous savons aussi que les Egyptiens ont conservé une série de connaissances techniques à travers les siècles. Se trouver face à un bloc de pierre de mille tonnes dans un lieu fermé, qui ne porte aucune marque de quoi que ce soit qui l'aurait déplacé, est une chose incroyable. Il n'y a que deux possibilités : que les Egyptiens aient possédé des instruments complètement inconnus de nous, et dont il ne resterait trace, ou qu'ils aient pu neutraliser la gravité des grandes masses de pierre d'une certaine façon, chose qui, nous le savons aujourd'hui, ne serait pas impossible d'un point de vue scientifique. Les Egyptiens ont gardé secrètes ces puissantes connaissances, au cours des temps.

Beaucoup se sont plaints de ce que l'art égyptien était un art pétrifié. Ils disent, en partie à raison, et en partie à tort, que l'art égyptien des premières dynasties est pratiquement le même que celui qu'on peut trouver à l'époque saïte. Pour les spécialistes, il n'est pas exactement identique, car on distingue parfaitement un hiéroglyphe des premières dynasties d'un hiéroglyphe du Nouvel Empire, qui se lit, de plus, de manière différente. Les premiers sont des hiéroglyphes graphiques qui se lisent par concepts. Ils deviendront ensuite syllabiques, puis alphabétiques. Plus tard, ils deviendront l'écriture dite démotique (de demos, peuple) qui, à son tour, sera à l'origine de ce qu'on connaît aujourd'hui comme écriture arabe, qui s'écrit de droite à gauche.

Ces hiéroglyphes avaient une autre caractéristique : leur couleur avait également une signification. Sur un scarabée du musée Rodrigo Caro, il y a quelques hiéroglyphes en noir et en rouge ; ce que disent les noirs et ce que disent les rouges ne signifient pas la même chose. Il s'agit d'un enchantement pour éviter les serpents physiques et également métaphysiques, les serpents de la lumière astrale, une espèce d'élémentaux qui peuvent nous attaquer dans les moments où nos défenses psychologiques sont faibles.

Tout ce que nous trouvons au milieu ou à la fin du Nouvel Empire, nous le trouvons également aux commencements des premières dynasties. C'est que l'art, bien qu'il comporte de petites différences, reste le même dans les lignes générales au cours de milliers d'années.

Si on observe la représentation d'une des triades divines qui ont existé en Egypte, Osiris, Isis et Horus, on voit que sont employées quelques couleurs rituelles spécifiques dans leur représentation, Isis doit être sur une bande rouge, Osiris sur une bleue (état funéraire) et Horus sur une jaune ou dorée comme le soleil. En Egypte, rien n'est fortuit, les couleurs ont leur signification, chose qu'on a découvert récemment, au XVIIIe siècle, quand on est arrivé à diviser la lumière en ses différents spectres, et qu'on a su, un peu plus tard, qu'il y avait des spectres de lumière invisibles pour l'œil humain, tels que l'ultraviolet et l'infrarouge.

triade-osorkon-g1.jpg 

Les Egyptiens connaissaient déjà tout cela, ainsi qu'on peut le constater sur les vestiges de leurs papyrus et de leurs inscriptions ; certains d'entre eux parlent des lumières visibles et des lumières invisibles, et de la façon dont les lumières visibles repoussent ce que nous voyons et ne sont pas de la couleur qui nous apparaît. Ainsi, si nous voyons une peinture bleue, cela signifie que la dite peinture retient toutes les couleurs sauf le bleu qui se dégage et qui se voit. Ces connaissances, dont la redécouverte liée au progrès technique est récente, étaient déjà détenues par les Egyptiens.

Alors, pourquoi l'art égyptien n'a-t-il pas changé, pourquoi les pieds figuraient-ils de profil et les yeux de face, pourquoi tout semblait-il si artificiel ? Cela n'est pas artificiel, mais obéit simplement à des canons déterminés de relations secrètes que connaissent ceux qui sont initiés.

Si nous montrons, par exemple, un circuit imprimé à quelqu'un qui ne connaît rien à l'électricité, il se demandera pourquoi c'est ainsi, pourquoi il y a des couleurs différentes et à quoi elles servent. Il est évident que nous faisons la même chose face à des éléments que nous ignorons. La représentation picturale égyptienne est une science perdue, un art perdu. Officiellement, du moins.

La littérature et l'art égyptiens présentent des variations sur un même thème, ce qui démontre aussi une permanence de ce que nous appelons la magie, le cœur des choses. Cela obéit à une certaine évaluation propre aux Egyptiens, que nous pouvons recueillir par l'intermédiaire des Grecs. Quand on arrive à la perfection des choses, on doit les utiliser sans les modifier. Par exemple, si quelqu'un marche pour parvenir au sommet d'une montagne et qu'une fois arrivé au point le plus haut, il continue à marcher, il descend ; donc, l'homme intelligent, arrivé en haut, cesse de marcher ; il peut tourner sur lui-même, mais ne descend pas.

Beaucoup se demandent si la magie n'a pas quelque chose de diabolique ou d'immoral. Pourquoi n'est-elle pas connue de tous ? Pour la même raison qu'aujourd'hui toute une série de phénomènes relatifs aux explosions atomiques ne sont pas connus, parce que c'est trop dangereux.

Utiliser la magie, pouvoir dominer la volonté, non seulement la sienne propre, mais encore celle des autres, nous apporterait une série de malheurs provoqués par ceux qui feraient usage de cette grande connaissance sans scrupules et de façon immorale.

Il s'est toujours agi d'empêcher que le sens magique puisse tomber entre les mains d'hommes de mauvaise volonté. De là, les épreuves d'initiation ; seuls ceux qui les surmontaient pouvaient être maîtres et entrer en contact avec les éléments de la magie, lesquels permettaient, avant tout, d'avoir une idée de ce qu'est le monde dans sa totalité.

Essayons de comprendre les symboles de l'Egypte ancienne ; ils ne sont pas décoratifs. En magie, il n'y a pas de symboles décoratifs. Sur la table cérémonielle égyptienne, les trous et les différents canaux ne sont pas décoratifs (ils ne sont pas faits non plus pour l'écoulement du sang des victimes !) ; ils sont analogues au circuit imprimé dont nous avons parlé : ce sont des endroits par où passent les énergies. Chaque énergie requiert une couleur, une forme.

Nous ne pouvons pas attirer un poisson de la même façon qu'un chat ou un chien ; chacun sa forme, son langage, sa tentation. De même, les forces de la nature, celles qui se déplacent en nous et autour de nous ont leur forme et leur tentation pour fonctionner. Le mage ne les invoque pas, il les évoque. Le mage connaît les chemins des forces, il maîtrise ces chemins et fait que ces forces, en union avec lui-même, réalisent des prodiges pour le bien de l'humanité.

Celui-là est le véritable magicien, le reste est mensonge, pour distraire les oisifs ; ou bien ce sont d'anciens souvenirs, comme celui de la dame qui tire les cartes ou lit les lignes de la main. Elle fait cela sans savoir pourquoi, elle a simplement une certaine sensibilité et devine juste bien souvent. Mais ce sont des sciences perdues qui existaient dans l'Antiquité. Les lignes de nos mains, de nos pieds, la forme de notre visage et ses expressions, ont une signification magique, tout comme le vol des oiseaux ou la voix du vent, ou les eaux courantes. Ainsi, le monde entier est susceptible de se transformer en un grand livre.

Quand on parvient à entrer en contact avec la magie, on peut lire ces desseins divins. Cela ne donne pas le bonheur; cela donne simplement la sagesse. Le bonheur, comme dit Pythagore, n'est pas une plante de la terre.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site