Il était une fois...

Comme nous l'avons vu sur la page d'accueil, le terme "Magie" est très équivoque, il peut être assimilé à la magie noire, aux pratiques occultes. Dans son sens de "magie blanche", d'art du spectacle, la magie est une alchimie, alliance subtile de l'aspect technique indispensable avec l'aspect de présentation (timing, tonalité de la voix, gestes, attitudes, suspense,...). C'est cette alliance qui crée réellement l'ambiance, l'émotion et l'Effet Magique...C'est ce terme qui transforme le simple jeu de technique en véritable miracle.

D'après l'Encyclopédie Universalis, étymologiquement, la magie désigne l'art des mages, caste sacerdotale des Mèdes, qui cultivaient l'astrologie et autres sciences ésotériques. Mais le mot a pris un sens plus vaste pour désigner les croyances et les pratiques qui ne rentrent pas dans les rites des cultes organisés et qui supposent la croyance en une force surnaturelle immanente à la nature. Cette définition, assez ambiguë, explique pourquoi certains auteurs, comme James George Frazer, font de la magie une pré-science (il existe un déterminisme magique, sur lequel s'appuie la manipulation du magicien), et pourquoi d'autres, comme Marcel Mauss, la considèrent comme un phénomène religieux (est magique pour lui tout rite qui ne fait pas partie d'un culte organisé, rite privé, secret, mystérieux et tendant à la limite vers le rite prohibé), la différence essentielle étant que la magie agit à l'aide de forces immanentes à la nature, tandis que la religion suppose la transcendance du sacré.

D'après Gérard Encausse, dit Papus (13 juillet 1865 à La Coruña - 25 octobre 1916 à Paris) qui est un occultiste français, cofondateur de l'Ordre Martiniste avec Augustin Chaboseau « La Magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature ».

 

En résumé...la magie c'est quoi ?

 magie (nom féminin)

1. art de pratiques occultes et surnaturelles pour produire des phénomènes inexplicables.

2. apparition, divination, prestidigitation, sortilèges, etc...

3. (figuré) influence inexplicable exercée par la nature, l'art ou les passions.

Ses synonymes sont souvent alchimie, apparition, archimagie, artifice, astrologie, beauté, cabale, charme, conjuration, diablerie, divination, enchantement, ensorcellement, envoûtement, évocation, fantasmagorie, fascination, féerie, goétie, grand art, hermétisme, horoscope, illusion, incantation, magisme, maléfice, mystère, nécromancie, occultisme, passe-passe, philtre, pratique occulte, prestidigitation, prestige, puissance, rite, séduction, sorcellerie, sort, sortilège, spiritisme, surnaturel, thaumaturgie, théurgie, vaudou

 

Et un magicien ?

magicien (nom masculin)

1. personne qui pratique la magie.

2. (figuré) personne capable de réaliser des choses extraordinaires.

Celui, celle qui fait profession de la magie, ou qui passe pour en faire usage. Baguette de magicien. Bonnet de magicien. Circé, Médée étaient des magiciennes. 

Il se dit, par extension, de Celui qui, dans un art, a le talent de produire des effets d'une telle beauté qu'on est tenté de les qualifier de magiques. Ce peintre, ce musicien, ce poète est un véritable magicien.

Historiquement l'illusionnisme - ou la mise en oeuvre de moyens permettant de tromper les perceptions et le jugement - se confondait avec l'esprit magique religieux. La fonction des anciens "magiciens" n'était pas de présenter des spectacles ludiques, mais de développer l'esprit religieux ou le fanatisme du peuple en le trompant et en faisant apparaître une réalité qui n'existait pas.

On trouve par exemple dans la Bible des passages qui montrent l'affrontement de religions par le biais des prêtres utilisant de tels procédés : "Yahvé dit à Moïse : «Lorsque le pharaon vous parlera, en disant : Opérez un prodige en votre faveur, - tu diras à Aaron : Prends ton bâton et jette-le devant le pharaon : qu'il devienne un gros serpent.» Moïse et Aaron se rendirent chez Pharaon et firent ainsi qu'avait commandé Yahvé; Aaron jeta son bâton devant Pharaon et devant ses serviteurs : il devint un gros serpent. Pharaon convoqua les sages et les sorciers. Et les magiciens d'Egypte en firent autant par leurs pratiques occultes. Ils jetèrent chacun leur bâton : [Les bâtons] devinrent de gros serpents, mais le bâton d'Aaron engloutit leurs bâtons."

Dans les temples du monde antique, les prêtres avaient construit des systèmes ingénieux pour l'étonnement des fidèles : par exemple, les portes du temple s'ouvraient seules, des flammes jaillissaient de l'autel à certains moments des cérémonies, et quantité d'autres tours étaient considérés comme des miracles par des foules crédules.

Les tours de passe-passe étaient un amusement courant chez les Égyptiens, utilisant des gobelets, des boules et un matériel représenté sur certaines fresques de tombeaux. En Chine et au Japon, on savait escamoter des objets pour les remplacer par d'autres, y compris des animaux et des poissons. Ces jeux d'adresse et d'amusement - ce qu'on appelle la prestidigitation et l'illusionnisme maintenant - devinrent pour certains un métier. Dans les châteaux et les foires du Moyen-Âge, des "magiciens" ambulants savaient produire des apparences mystérieuses, amusantes, étonnantes, et à première vue inexplicables. Durant le même temps, certains utilisaient l'illusionnisme dans le cadre de pratiques parallèles aux dogmes religieux officiels.

Astrologues, alchimistes, devins, envoûteurs, nécromanciens n'hésitèrent pas à utiliser en secret des tours d'illusion pour renforcer leur réputation. L'Église elle-même utilisait certains tours de prestidigitation (faire pleurer, saigner, s'animer des statues ou transformer le sang des saints de solide en liquide, comme le "miracle" de saint Janvier à Naples). Cependant, elle n'hésita pas à condamner les pratiques magiques concurrentes, envoyant au bûcher leurs pratiquants qualifiés de "sorciers".

Parallèlement, les illusionnistes de métier continuaient à pratiquer leurs tours et à les perfectionner. Au XVIIème siècle, des magiciens acquirent une réputation dépassant le cadre restreint de leur province (Isaac Fawkes eu Angleterre, Philadelphia aux USA, ce dernier déclarant publiquement que ses numéros n'étaient que des tours, réalisables par chacun avec de l'entraînement et le matériel indispensable, éventuellement de comparses, suivant les lois ordinaires de la physique ou de la chimie). D'autres, charlatans comme Cagliostro (fin du XVIIIème) continuent à jouer sur les deux tableaux pour s'attirer réputation et richesses. Notons que jusqu'à cette époque, on les appelle "escamoteurs" ou "magiciens", suivant le caractère des tours réalisés (au XIXème siècle, le célèbre Robert-Houdin est encore appelé ainsi). Les termes "prestidigitateur" et "prestidigitation" n'ont été suggérés qu'en 1815 par Jules de Rovère. Un peu plus tard, la prestidigitation (agilité des doigts) n'étant qu'une partie des possibilités du métier, on proposa d'appeler "illusionnisme" plus particulièrement les spectacles destinés à influencer les sens et à fausser les perceptions. Sur les affiches des théâtres et music-hall, le mot "magicien" continua à s'imposer.

Alors que de nos jours, moyens audio-visuels, effets spéciaux, images virtuelles ont considérablement amplifié les possibilités des techniques d'illusion, se produisent en spectacle plusieurs types de praticiens. La plupart utilisent des techniques demandant du métier et ne cherchent pas à paraître ce qu'ils ne sont pas, tout en gardant évidemment le secret sur les tours, trucs et matériel en mesure de les assurer : leur travail ne peut se maintenir que par le mystère qu'ils font régner sur leurs possibilités. Ils jouent sur la survivance de l'esprit magique de leurs spectateurs, leur besoin d'imaginaire, de rêve et de miracle. D'aucuns prétendent avoir des pouvoirs paranormaux, comme Uri Geller, ce qu'il n'a jamais pu démontrer. D'autres démystifient cette prétention au paranormal, dans la tradition de Dicksonnn (1857-1939) Pour lutter contre les ravages faits par les spirites et exploiteurs d'esprits crédules, Mystag, par exemple, fait des conférences-spectacles où il expose - sans les dévoiler complètement - les trucs utilisés par les "magiciens" pour produire leurs effets. Il les commente comme les effets de travaux d'artisans de l'illusion, et non les produits d'hommes affirmant disposer de pouvoirs mystérieux.

La situation de l'illusionnisme de nos jours est donc complexe. Elle continue surtout à jouer sur une crédulité encore bien généralisée, un goût certain du mystère, du secret. Ce qu'on continue à appeler improprement "magie" (celle des illusionnistes) s'appuie sur des connaissances physiques (mécaniques, optiques, chaleur, son), chimiques ou psychologiques exclusivement. Mais surtout la popularité de la magie peut miser sur une imprégnation culturelle, qui nous a marqués durablement depuis des millénaires. Elle a été analysée par les travaux de Carl Jung et expliquée par sa théorie de l'inconscient collectif. Sa mise en place chez l'enfant a été étudiée par Bruno Bettelheim.


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